L’Europe des institutions va mal mais heureusement les citoyens européens veulent toujours l’Europe ! À 80%, ils sont pour l’Europe de la Défense, à 75% pour l’Europe de l’Agriculture et ils sont évidemment pour l’Europe des grands projets – Transport, Energie, Satellites. Les institutions sont-elles encore en phase avec ces attentes ?
A l’origine, l’Europe est une communauté. Une communauté a des frontières ; elle se reconnaît dans une culture commune ; le principe de solidarité dans ses frontières prime sur le grand marché mondial.
Aujourd’hui l’Europe ne définit plus ses frontières –avec la Turquie, elles sont en Irak ou aux frontières de la démocratie ! Elle renie sa culture chrétienne, un fait pour les historiens. Le libéralisme et le mondialisme sont devenus son nouveau credo. 92% de la production de l’Union sont cependant consommés dans l’Union.
Ce crédo libéral et mondial casse également le pacte social… L’ouvrier européen doit s’aligner sur les plus bas salaires mondiaux ; les patrons, sur les plus hauts !
L’Europe de la Défense : le Parlement européen vient de s’opposer à la préférence européenne, préférence pourtant affirmée par les Parlements nationaux et par l’Assemblée parlementaire de l’Union de l’Europe Occidentale seul organisme parlementaire légitime en matière de défense ! 80% de nos nouvelles technologies et donc de nos emplois de demain dépendent de près ou de loin, chez nous comme aux Etats-Unis, des technologies militaires. Le Parlement européen veut-il ainsi saper notre base industrielle et technologique et les emplois qualifiés du futur ? Les américains affichent le libre échange mais ne le pratiquent pas. Pour leurs affaires stratégiques, ils ont l’American Buy Act l’obligation d’acheter US mais l’Europe par la voix de son Parlement se refuse à l’European Buy Act ! Est-ce raisonnable ?
La politique agricole : les technocrates de Bruxelles et des responsables politiques nous préparent déjà l’abandon de cette politique garantissant des revenus pour un coût très modeste– le coût de notre aide au développement. On va jusqu’à nous faire croire que le monde est affamé à cause de la PAC ! Aujourd’hui sur 1.34 milliards d’actifs agricoles, on ne compte dans le monde que 28 millions de tracteurs – 2% de ces actifs et 250 millions d’animaux, 17% de ces actifs. Le libre échange mettrait ainsi en concurrence des rapports de productivité de 1 à 1000 entre actifs et obligerait la majorité des actifs écrasés par cette concurrence à venir croupir dans des taudis urbains en attendant une aide alimentaire qui ne viendra pas. La quantité de nourriture nécessaire pour subvenir aux besoins nutritionnels insatisfaits demande déjà aujourd’hui 100X l’actuelle aide alimentaire.
Au contraire, à l’image de l’Europe, il faut établir des grands marchés communs agricoles régionaux et soutenir des exportations ciblées pour ne pas détruire ces équilibres régionaux.
L’Europe des grands travaux : elle est abandonnée faute de moyens, les critères de Lisbonne en matière de recherche-développement ne seront pas atteints.
Heureusement une autre Europe est possible ! Celles des Pères fondateurs et de la Communauté retrouvée, celles des citoyens et des pays qui veulent l’Europe politique !
Avec le livret d’Epargne Européen, nous canaliserons le taux d’épargne élevé des citoyens européens vers les grands projets d’avenir ; avec l’Institut franco-allemand de recherche élargi à d’autres pays nous nous doterons de l’instrument européen d’indépendance technologique qui préparera les emplois de demain. Nous construirons l’Europe continentale indépendante énergétiquement avec la Russie et cette Europe là, la vraie, redonnera son sens aux institutions. C’est toute l’ambition de l’Alsace car cette Europe-là nous la portons dans notre chair ! Nous ne pouvons laisser le projet européen s’abîmer !
samedi 6 janvier 2007
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