Candidat MRP aux législatives à Strasbourg 1, je suis le seul candidat à mener, depuis le mois de janvier 2007, une véritable campagne : dès janvier, j’ai ainsi organisé avec mon équipe la diffusion d’une « lettre aux électeurs » puis du programme « Envie que ça change » à 60 000 exemplaires chacun. J’y expliquais les raisons de mon engagement et de ma mise en congé de l’UMP nationale dont j’ai été adhérent dès sa constitution. Centriste de conviction (collaborateur de Bernard Stasi au niveau national et de Marcel Rudloff au niveau régional), j’ai organisé l’adhésion de l’UMP au PPE.
Puis du 13 au 28 février 2007, une campagne d’affichage par grandes affiches (4m x 3m) permettait aux électeurs de mieux me connaître. A partir du 10 février et jusqu’à début juin des réunions de quartier quasi hebdomadaires sont lancées (sur invitations distribuées à raison de 6000 par canton et annoncées par les DNA).
Le 12 mars, une grande réunion se tenait dans une salle comble du FEC, autour de Jean-Luc Gréau (économiste, ancien conseiller du MEDEF) et Jacques Sapir (économiste, polytechnicien, professeur à l’Ecoles des Hautes Etudes) et moi-même.
Entre les deux tours des élections présidentielles, une « lettre aux électeurs » fut distribuée à 30 000 exemplaires.
Le 12 mai à la librairie Kléber, je participais à un débat avec le Maire et Conseiller régional Joseph Spiegel sur « les formes modernes du pouvoir », débat animé par M. Hohwiller et suscité par la reprise à Strasbourg de la pièce de théâtre « Montesquieu et Machiavel, le dialogue aux enfers ».
Ma profession de foi, distribuée fin mai, vous explique à nouveau quels projets sont réalisables à Strasbourg, projets qu’un élu issu de la société civile et travaillant sur les stratégies de développement européen peut faire aboutir.
Aujourd’hui des actions pluri hebdomadaires d’affichage sur les panneaux « expression libre » sont organisées. Mon suppléant, Monsieur Baki Fellah, expert comptable, et moi-même rendons visite aux commerçants et aux clients des commerces sédentaires et des marchés.
dimanche 27 mai 2007
dimanche 28 janvier 2007
Choisissez l'aide au développement
Par un arrêt des flux migratoires vers l’Europe :
L’avenir des pauvres de notre planète ne se trouve pas dans leur fuite chez nous conduisant à un appauvrissement généralisé.
Au contraire, il faut développer leur pays par des échanges équitables.
Nous devons aussi mieux insérer les populations déjà présentes dans notre pays.
Par des chantiers de co-développement du Nord vers le Sud, qui susciteront création de richesse, insertion et emploi :
Aujourd’hui, 5% seulement de notre aide parvient réellement aux populations locales de ces pays en développement.
Il faut inverser cette tendance par une aide directe aux populations dans un cadre décentralisé (villes et régions) et supprimer les aides aux Etats corrompus.
Il faut utiliser l’aide aux Etats, actuellement détournée,pour créer des partenariats générateurs de richesses(entreprises,collectivités).
Les jeunes et les populations venant de ces pays seront associés, chez nous, aux projets de développement de leur pays d’origine et aux activités de commerce extérieur.
Les étudiants de ces pays formés en France et en Europe se verront obligés de mettre leurs compétences au service de leur pays d’origine.
L’avenir des pauvres de notre planète ne se trouve pas dans leur fuite chez nous conduisant à un appauvrissement généralisé.
Au contraire, il faut développer leur pays par des échanges équitables.
Nous devons aussi mieux insérer les populations déjà présentes dans notre pays.
Par des chantiers de co-développement du Nord vers le Sud, qui susciteront création de richesse, insertion et emploi :
Aujourd’hui, 5% seulement de notre aide parvient réellement aux populations locales de ces pays en développement.
Il faut inverser cette tendance par une aide directe aux populations dans un cadre décentralisé (villes et régions) et supprimer les aides aux Etats corrompus.
Il faut utiliser l’aide aux Etats, actuellement détournée,pour créer des partenariats générateurs de richesses(entreprises,collectivités).
Les jeunes et les populations venant de ces pays seront associés, chez nous, aux projets de développement de leur pays d’origine et aux activités de commerce extérieur.
Les étudiants de ces pays formés en France et en Europe se verront obligés de mettre leurs compétences au service de leur pays d’origine.
Choisissez le Développement Humain Durable
Par le retour à l’économie sociale de marché :
Une économie libérale qui détruit l’Homme, la Famille, la Société et l’Environnement n’a plus de sens.
Notre modèle social rhénan était un juste équilibre entre l’individu et la société.
Par une politique régionale et locale de l’énergie :
Une Agence Régionale de l’Energie financera et mettra en œuvre un programme de travaux publics d’économies d’énergie et d’énergies nouvelles pour un montant de 3 milliards d’Euros.
Ces travaux seront remboursés par les économies d’énergie réalisées sur une période de 20 ans.
Par une politique en énergies nouvelles ambitieuse pour Strasbourg :
Fribourg, en menant une telle politique, est déjà à 5% d’approvisionnement en énergies nouvelles.
Strasbourg doit rattraper son retard, avec pour objectif 10% en 2012.
Une économie libérale qui détruit l’Homme, la Famille, la Société et l’Environnement n’a plus de sens.
Notre modèle social rhénan était un juste équilibre entre l’individu et la société.
Par une politique régionale et locale de l’énergie :
Une Agence Régionale de l’Energie financera et mettra en œuvre un programme de travaux publics d’économies d’énergie et d’énergies nouvelles pour un montant de 3 milliards d’Euros.
Ces travaux seront remboursés par les économies d’énergie réalisées sur une période de 20 ans.
Par une politique en énergies nouvelles ambitieuse pour Strasbourg :
Fribourg, en menant une telle politique, est déjà à 5% d’approvisionnement en énergies nouvelles.
Strasbourg doit rattraper son retard, avec pour objectif 10% en 2012.
Choisissez le Soutien aux familles
Pour une Europe forte face à la mondialisation, une relance de la consommation par une plus grande justice sociale :
La guerre économique détruit nos emplois et ne profite qu’à un capitalisme aveugle.
Au nom d’une concurrence déloyale, la rémunération du travail tend à s’aligner sur les plus bas salaires mondiaux, tandis que la rémunération du capital s’aligne sur les plus hauts revenus.
Le travail perd ainsi chaque année près de 100 milliards d’euros en France dans la répartition globale de la richesse depuis les années 80.
La préférence européenne est le seul remède à cette situation car l’Europe est presque autosuffisante avec 92% de sa production consommée à l’intérieur de ses frontières.
Par une redistribution de 100 milliards d’Euros aux familles pour compenser l’appauvrissement qui frappe aussi les classes moyennes.
Cette somme est un dû. Elle représente la différence entre le coût effectif des charges de famille constatées et les
allocations versées.
Exigeons l’application stricte de l’Article 1er de l’Ordonnance de 1945 instituant la sécurité sociale pour « couvrir les charges de maternité et de famille ».
Par le rétablissement du « salaire parental », tel qu’il existait dans les années 50, c’est-à-dire à une fois et demie le
salaire minimum pour trois enfants.
Comment financer de telles mesures ?
Par une plus juste répartition de la création de richesse entre le capital et le travail au profit du travail.
Par le redéploiement de la dépense publique en France : La dépense publique en France, en 2005 : 54.3% de la richesse produite.
La dépense publique en Allemagne en 2005 : 46.7% de la richesse produite. (sources Eurostat 2005)
Soit une différence de 100 milliards d’Euros.
La guerre économique détruit nos emplois et ne profite qu’à un capitalisme aveugle.
Au nom d’une concurrence déloyale, la rémunération du travail tend à s’aligner sur les plus bas salaires mondiaux, tandis que la rémunération du capital s’aligne sur les plus hauts revenus.
Le travail perd ainsi chaque année près de 100 milliards d’euros en France dans la répartition globale de la richesse depuis les années 80.
La préférence européenne est le seul remède à cette situation car l’Europe est presque autosuffisante avec 92% de sa production consommée à l’intérieur de ses frontières.
Par une redistribution de 100 milliards d’Euros aux familles pour compenser l’appauvrissement qui frappe aussi les classes moyennes.
Cette somme est un dû. Elle représente la différence entre le coût effectif des charges de famille constatées et les
allocations versées.
Exigeons l’application stricte de l’Article 1er de l’Ordonnance de 1945 instituant la sécurité sociale pour « couvrir les charges de maternité et de famille ».
Par le rétablissement du « salaire parental », tel qu’il existait dans les années 50, c’est-à-dire à une fois et demie le
salaire minimum pour trois enfants.
Comment financer de telles mesures ?
Par une plus juste répartition de la création de richesse entre le capital et le travail au profit du travail.
Par le redéploiement de la dépense publique en France : La dépense publique en France, en 2005 : 54.3% de la richesse produite.
La dépense publique en Allemagne en 2005 : 46.7% de la richesse produite. (sources Eurostat 2005)
Soit une différence de 100 milliards d’Euros.
Choisissez la préférence Européenne
Pour l’Europe de l’épargne populaire à Strasbourg :
Par la création du Livret d’Epargne Européen (Livret E), en complément des Livrets A et Bleu, géré par des instances implantées chez nous avec l’appui de notre système mutualiste alsacien, devenu européen.
Ce livret financera la relance économiquepar les grands chantiers associés au développement durable : (TGV Européen Rotterdam-Milan / Paris-Moscou, transport multimodal, voiture propre, canal à grand gabarit, autoroutes de l’information et instruments de l’indépendance européenne tels que les satellites).
Pour l’Europe de la sécurité intérieure et extérieure à Strasbourg :
Par la création d’une Agence Européenne du Renseignement, pour lutter, entre autres, contre le terrorisme.
Elle viendra en complément de l’École du renseignement et l’Écoute électronique,déjà implantées en Alsace.
Cette agence créera plusieurs milliers d’emplois.
Par le renforcement du Corps Européen de Défense, dont l’Etat-Major est déjà dans notre ville.
Par la création de l’Agence Européenne de l’Immigration pour maîtriser en Europe les flux migratoires.
Aucun pays ne pourra régulariser ses clandestins sans l’accord des autres membres de l’Union Européenne.
Pour l’Europe des hautes technologies en Alsace et à Strasbourg :
Par le redéploiement vers les hautes technologies de l’Institut Franco-Allemand de Recherches sur la Défense déjà présent en Alsace.
80% des nouvelles technologies viennent de la défense.
Pour l’Europe de l’indépendance énergétique à Strasbourg :
Par l’Agence Européenne de l’Energie, indispensable à la sécurité énergétique de l’Europe et à une véritable politique européenne de l’énergie.
La libéralisation et le marché ne peuvent organiser une telle politique.
Pour l’Europe de la communication et des médias à Strasbourg :
Par le renforcement d’ARTE et un partenariat avec Euronews,consolidant le rôle international de Strasbourg.
Par la création du Livret d’Epargne Européen (Livret E), en complément des Livrets A et Bleu, géré par des instances implantées chez nous avec l’appui de notre système mutualiste alsacien, devenu européen.
Ce livret financera la relance économiquepar les grands chantiers associés au développement durable : (TGV Européen Rotterdam-Milan / Paris-Moscou, transport multimodal, voiture propre, canal à grand gabarit, autoroutes de l’information et instruments de l’indépendance européenne tels que les satellites).
Pour l’Europe de la sécurité intérieure et extérieure à Strasbourg :
Par la création d’une Agence Européenne du Renseignement, pour lutter, entre autres, contre le terrorisme.
Elle viendra en complément de l’École du renseignement et l’Écoute électronique,déjà implantées en Alsace.
Cette agence créera plusieurs milliers d’emplois.
Par le renforcement du Corps Européen de Défense, dont l’Etat-Major est déjà dans notre ville.
Par la création de l’Agence Européenne de l’Immigration pour maîtriser en Europe les flux migratoires.
Aucun pays ne pourra régulariser ses clandestins sans l’accord des autres membres de l’Union Européenne.
Pour l’Europe des hautes technologies en Alsace et à Strasbourg :
Par le redéploiement vers les hautes technologies de l’Institut Franco-Allemand de Recherches sur la Défense déjà présent en Alsace.
80% des nouvelles technologies viennent de la défense.
Pour l’Europe de l’indépendance énergétique à Strasbourg :
Par l’Agence Européenne de l’Energie, indispensable à la sécurité énergétique de l’Europe et à une véritable politique européenne de l’énergie.
La libéralisation et le marché ne peuvent organiser une telle politique.
Pour l’Europe de la communication et des médias à Strasbourg :
Par le renforcement d’ARTE et un partenariat avec Euronews,consolidant le rôle international de Strasbourg.
lundi 22 janvier 2007
Sortir des deux idéologies qui se tiennent la main : Libéralisme et Socialisme
Le libéralisme est le creuset où se forge le collectivisme. En effet, l’erreur essentielle du libéralisme est d’abstraire l’homme de la société, d’en faire un individu isolé dans une société qui ne serait que l’agrégat d’individus se rencontrant par l’intérêt. Cependant, chacun n’est ce qu’il est que parce qu’il a hérité de sa langue, de sa culture, de ses parents. L’homme est fondamentalement social ; sans la société, le petit homme meurt. L’individu isolé n’existe pas. Il dépend des autres. Il donne et il reçoit ; s’imaginer qu’il donne sans avoir reçu relève de l’imposture, de l’imposture libérale.
Le libéralisme n’a pas de base morale car n’ayant pas de base sociale ; au contraire, il détruit toute morale.
Le libéralisme appela, à juste titre une réaction ; cette réaction fut le collectivisme qui reste encore aujourd’hui une réaction normale dans le contexte du libéralisme dominateur, mais une réaction néfaste. En effet, elle procède de la même anthropologie, mais inversée, de la même logique mécanique et donc des mêmes présupposés idéologiques.
Le collectivisme critique la dimension économique libérale dans la rémunération du salarié dans la mesure où celui-ci n’est pas justement associé à la combinaison fructueuse du capital et du travail, alors que le salarié est, de par son travail, un élément essentiel de cette combinaison et dans la mesure également où le salarié est aliéné dans la finalité de la production qui reste sociale et non seulement objet de profit. Le but de l’économie est de créer des richesses au sens large et non seulement des profits.
Cependant, si l’économique est une composante de l’agir humain et de l’organisation sociale, l’homme et la société ne se ramènent pourtant pas à cette composante économique où se situerait, dès lors, uniquement l’exploitation et la réalité humaine. L’homme est aussi un être spirituel dans l’échange et la relation à l’autre. Tout n’est pas économique. L’essentiel, c'est-à-dire le don de soi, la création, l’amour et l’amitié ne sont pas des actes économiques.
Ce n’est pas parce que le libéralisme ramène tout à l’économie qu’il faille, pour le subvertir, partir des mêmes présupposés et ne faire de l’homme et de sa libération qu’une affaire économique. Une telle erreur sur la nature de l’exploitation et la nature même de l’homme a eu et a toujours des conséquences désastreuses. Au bout des solutions collectivistes, il y avait, il y a, il reste toujours le goulag et la pauvreté!
Enfin, le collectivisme remplace la main invisible du libéralisme où les actes individuels s’ordonnent magiquement en vue d’un bien collectif au profit également d’une autre main invisible, l’administration des choses. Nous sommes alors en présence d’une société technicienne où la décision et le choix n’ont plus de place et où la décision démocratique s’exprime par la dictature du Parti. C’est le totalitarisme dur contre le totalitarisme mou du marché.
C’est seulement en abandonnant les idéologies économistes qu’on peut appréhender le véritable bien commun, relatif, accessible à la politique qui est le résultat d’un choix raisonné assumé par des hommes politiques avec le soutien de la société. Il ne résulte ni de la Main invisible, ni du Parti, mais de personnes raisonnables ayant le souci de la vérité humaine et sociale dont le projet et la crédibilité sont vérifiés dans le débat démocratique. La politique n’est pas une mécanique, elle est organisation des hommes selon un principe : le Bien commun. Cette organisation n’est jamais définitive ; il y a un débat permanent, une sorte de révolution permanente positive. Avec la Main invisible comme avec le Parti, les idéologies produisent des mécaniques totalitaires. La politique n’est plus l’aboutissement d’un choix raisonnable, discuté donc discutable, mais une mécanique qui suit la logique de l’idéologie.
Aujourd’hui, on utilise à mauvais escient l’expression « la loi du marché » comme autrefois la loi de l’histoire et du déterminisme dialectique historique. Cette loi n’exprime aucune vérité au sens où elle exprimerait la réalité de l’échange économique pris dans sa globalité passée, présente et future dont les économistes sérieux reconnaissent l’impossibilité théorique de l’appréhender. Elle ne fait, tout au plus, qu’exprimer, à un moment donné, les rapports de l’offre et de la demande. L’offre et la demande ne font loi que comme résultante à un moment donné d’échanges et de rapports de forces simplifiés, rapports que les hommes ont créés et qui peuvent donc être changés par les hommes. L’offre et la demande pourraient ne s’appréhender en loi que pour un être supérieur qui aurait connaissance de l’ensemble des transactions, de leurs conséquences directes et indirectes, des motivations psychologiques rationnelles et irrationnelles des différents acteurs pour arriver à découvrir les lois qui régissent ces échanges : un tel homme serait Dieu. Seul Dieu serait à même de calculer le juste prix et organiser l’économique dans sa relation complexe au social.
Dans les idéologies modernes, on n’en finira pas de le répéter, on absolutise toujours la création, ici la loi économique, dans le refus d’absolutiser le créateur. Il n’y a d’ailleurs plus de créateur. Le marché est lui-même devenu le Créateur, créateur de richesses et créateur de société marchande donc, d’après les adeptes de la démocratie de marche, de seule société démocratique et de société tout court.
Le marché devient et fait la réalité, le marché remplace Dieu. Il a ses prêtres comme autrefois le parti avait les siens. Quand ils ont parlé, la messe est dite. Le peuple n’a qu’à dire amen…Le débat est clos. Le marché a dit. La démocratie doit obéïr.
L’idéologie libérale impose ainsi des recettes de plus en plus contestées qui conduisent à la ruine des pays qui en font les frais. Ces recettes économiques reposent sur des vérités scientifiques détournées de leur contexte, non généralisables ou tout simplement sur de la pure idéologie mais il faut les appliquer car l’idéologie le demande.
Les conséquences du libéralisme comme hier du collectivisme sont sérieuses. Elles tuent des millions de personnes. Le libéralisme révèle de manière plus claire ses contradictions, car il est poussé dans ses logiques extrêmes par la fin du collectivisme communiste. Il s’attribue d’ailleurs à tort cette chute car le collectivisme est surtout mort du mensonge qui le minait de l’intérieur entre l’idéologie, le discours et la réalité. Ce sont les mêmes contradictions qui détruiront également l’idéologie libérale. C’est la solidarité qui a fait tomber le mur du mensonge, ce n’est pas le marché et le libéralisme. C’est une révolte sociale avant d’être une révolte économique. De la même manière, nous devons nous préparer à la chute du libéralisme par cette même révolte sociale. La chute du Mur n’est pas finie, elle se poursuivra car elle est une révolte contre les idéologies.
L’homme réel tend quand même à échapper à cette situation ; le non au référendum nous le rappelle. L’homme politique européen tend également individuellement à s’en éloigner, car il subit aujourd’hui de plus en plus fortement les conséquences des théories nihilistes et dévastatrices de la réalité sociale où la liberté prime sur la solidarité. La révolte se prépare contre ces idéologies qui ont pris la place de Dieu dans la culture de la transcendance et se posent en divinité et vérité prétendant ainsi nous recréer dans une nature fabriquée par elles.
Les idéologies libérales ou collectivistes structurent cependant encore dans leur version soft ou hard le débat idéologique de droite et de gauche. Il nous faut nous en débarrasser. La véritable révolution actuelle doit se situer à ce niveau. C’est à une conversion hors de ces idéologies que nous sommes appelés si nous voulons trouver des solutions aux problèmes de notre temps.
Comment sortir des clivages politiques traditionnels et permettre ainsi à une nouvelle classe politique d’émerger ? Dans notre volonté de refonder la politique, la Vérité doit être ainsi première et le souci de vérité constant. C’est le premier service que le politique doit au peuple, son Souverain : lui dire la Vérité. Mentir au peuple, c’est mentir au Souverain ; c’est un crime de lèse majesté.
Le peuple veut bien qu’on lui raconte que la sortie du tunnel est pour bientôt, mais si, depuis trente ans, on lui dit qu’on va sortir du tunnel, que ça ira mieux et qu’il constate que ça va plus mal, il y a quand même un problème ! Il demande alors une pause et une remise en question des programmes et choix formulés ou tout au moins qu’on lui explique mieux et qu’il retrouve la réalité dans les discours des politiques : il veut comprendre ! Il est prêt à faire ce qu’il faut, mais qu’on commence par ne pas le mépriser et lui dire la vérité.
Le Renouveau, c’est l’abandon des idéologies qui dominent le débat politique. C’est un devoir de démocrate. Il y va de la survie de la Démocratie car le débat politique doit retrouver l’homme et sa réalité sociale pour construire un projet d’humanisme intégral.
Le rejet d’une certaine Europe pour reconstruire l’Europe Puissance et indépendante
L’Europe devait créer croissance et emploi grâce au marché unique et à Maastricht. Quinze ans après, les français ont le marché unique, mais pas la croissance, ni l’emploi, ou pas suffisamment de croissance et d’emplois. Alors, ils s’expriment auprès des responsables de droite et de gauche, quand on leur laisse encore un droit de réponse sur des questions de fond qui dépassent toujours les clivages traditionnels. Ils disent non à cette Europe du chômage et du déclin inéluctable, de la précarité pour presque tous au nom du libéralisme. Cette Europe, ils n’en veulent pas. En plus, cette Europe s’aligne sur les Etats-Unis en politique étrangère comme en politique économique ! Alors à quoi bon l’Europe ! Les français disent alors à leurs responsables politiques : “Nous ne comprenons plus ce que vous faites ! Vous nous mentez ! Vous n’avez plus notre confiance !“
Pas une fois le projet de Constitution européenne n'utilise le mot vérité, car la vérité renvoie à une quelconque réalité, à l’adéquation de l’intelligence à la réalité, à la nécessité de ne pas prétendre recréer le monde par une constitution, mais à essayer de se coller à la réalité. La Constitution européenne s’est prise pour la vérité-réalité de l’Europe présente et à venir. Les conventionnels croyaient avoir épuisé, dans leur débat et leur projet, tout le possible européen.
Il n’y a pas de dogmatisme ou de vérité absolue dans les solutions à apporter aux problèmes temporels. L’homme moderne a souvent abandonné la croyance dans l’absolu pour la mettre dans le temporel. Seuls les croyants peuvent avoir ce recul dans les choses temporelles pour ne pas y mettre l’absolu qui est d’un autre ordre, justement de l’ordre de l’Eternité comme la Vérité. Dans le monde temporel, il n’y a que des vérités qui essaient de s’approcher de la Vérité. La Vérité avec un grand V nous échappe dans les solutions à apporter aux problèmes de notre temps. Nous ne sommes que des usagers de vérités partielles avec notre intelligence limitée et aussi notre manque de vertu
L’humain dit moderne est ainsi fabriqué : chasse-il l’absolu de sa vie spirituelle qu’il absolutise sa vie temporelle ! Il descend alors l’absolu du ciel dans les choses politiques. Le cléricalisme moderne est ainsi devenu la chose la plus partagée dans notre monde dit laïc. A défaut de Dieu, l’assurance d’avoir raison dans les choses temporelles fait des politiciens des idéologues qui fondent par des discours exclusifs et des pratiques tout aussi exclusives “leur vérité“.
Le véritable débat politique, au sein de ces idéologies dominantes, ne peut donc plus avoir lieu. La Vérité ne transcende pas ou ne relativise pas un débat quand on croit l’incarner contre un adversaire qui a, cependant, sans doute aussi raison, s’il est de bonne foi. Chacun ayant partiellement raison dans une démarche ouverte à cette réalité-vérité qu’on arrive difficilement à appréhender dans sa totalité ou chacun ayant totalement tort si derrière l’idéologie se masque simplement un instrument de prise de pouvoir au nom d’intérêts particuliers. C’est le verre à demi vide ou à demi plein ou le discours sur le verre comme enjeu de pouvoir. Dans une démarche honnête, il faut la solidarité mais il faut aussi la liberté : pourquoi vouloir être dans un camp ? Est-il impossible d’avoir la solidarité et la liberté comme si une valeur était exclusive de l’autre alors que l’une implique forcément l’autre ! Les valeurs comme les vertus forment des touts homogènes.
Plus l’idéologie est globale et se veut logique, libéralisme et socialisme, moins elle rend compte de la réalité humaine et sociale, plus elle s’oppose aux vérités partielles que des hommes de bonne volonté essaient de découvrir et de mettre en œuvre dans la recherche de la meilleure adéquation possible du discours et des actes à la réalité humaine et sociale ou, autrement dit, de l’intelligence à la Vérité, pour pouvoir mieux rendre service.
Aujourd’hui, l’homme politique français croit que son discours crée la réalité et que la réalité n’a qu’à obéir à son Verbe imprécateur. Croit-il avoir vraiment tué Dieu pour prendre sa place, plus particulièrement la place de son Verbe ? Il s’étonne de ne pouvoir trouver des solutions aux problèmes de notre temps – croissance, emploi, solidarité -…mais c’est parce qu’il n’obéit ni à la réalité, ni à son souverain, le peuple ! L’homme politique est devenu roi d’un monde artificiel où le souverain, le peuple, devient son peuple et la réalité, son verbe. Il lui faut revenir sur terre, la réalité sinon va le ramener sur terre brutalement. On ne manipule pas impunément le peuple !
Le politique doit être à l’écoute de son Souverain, c’est alors qu’il pourra proposer des solutions aux problèmes sociaux et économiques, solutions que les français attendent et pour lesquels ils sont prêts à entendre la vérité. Son travail sera alors de faire partager les solutions et coordonner leur mise en œuvre…..
Le Souverain, c'est-à-dire le peuple, doit également comprendre une telle approche : il n’est souverain que partiellement ; dans le mensonge, il perd sa souveraineté. On peut vouloir se tromper sur la gravité de sa maladie, ce n’est pas la bonne manière de guérir. La politique de l’autruche n’est pas une politique. Le Souverain, le peuple peut se mentir à lui-même et ainsi faire confiance aux menteurs ou aux illusionnistes. Le dictateur peut même être élu démocratiquement. Ce genre de schizophrénie laisse un goût amer et conduit à la mort certaine de la démocratie et donc de la politique. Le Souverain doit retrouver la vigilance de la citoyenneté active pour que des solutions puissent être trouvées à ses problèmes. Ce n’est pas dans le sentimentalisme pleurnicheur qu’il retrouvera cette vigilance citoyenne, ni dans la critique “tous des pourris“, c’est dans l’engagement et le débat démocratique qu’il pourra ouvrir d’autres chemins, les chemins du renouveau démocratique et politique !
La refondation du politique se fera donc par une démarche vraie qui sort des idéologies toutes faites et plus particulièrement du libéralisme et socialisme. C’est une véritable rupture révolutionnaire qui se prépare dans la société française quand, aux présidentielles et au référendum, les partis officiels ne rassemblent plus et que la droite et la gauche, majoritaires dans les institutions représentatives, ne sont plus suivies par le peuple. C’est un appel pour sortir des clivages traditionnels et un besoin absolu de trouver des solutions aux problèmes de notre temps ! Il nous faut donc appréhender de la manière la plus vraie cette réalité de la société française, mais aussi européenne. Cette démarche non partisane est indispensable, sauf à tomber de Charybde en Scylla dans les pseudo-solutions apportées par les idéologies traditionnelles.
Pas une fois le projet de Constitution européenne n'utilise le mot vérité, car la vérité renvoie à une quelconque réalité, à l’adéquation de l’intelligence à la réalité, à la nécessité de ne pas prétendre recréer le monde par une constitution, mais à essayer de se coller à la réalité. La Constitution européenne s’est prise pour la vérité-réalité de l’Europe présente et à venir. Les conventionnels croyaient avoir épuisé, dans leur débat et leur projet, tout le possible européen.
Il n’y a pas de dogmatisme ou de vérité absolue dans les solutions à apporter aux problèmes temporels. L’homme moderne a souvent abandonné la croyance dans l’absolu pour la mettre dans le temporel. Seuls les croyants peuvent avoir ce recul dans les choses temporelles pour ne pas y mettre l’absolu qui est d’un autre ordre, justement de l’ordre de l’Eternité comme la Vérité. Dans le monde temporel, il n’y a que des vérités qui essaient de s’approcher de la Vérité. La Vérité avec un grand V nous échappe dans les solutions à apporter aux problèmes de notre temps. Nous ne sommes que des usagers de vérités partielles avec notre intelligence limitée et aussi notre manque de vertu
L’humain dit moderne est ainsi fabriqué : chasse-il l’absolu de sa vie spirituelle qu’il absolutise sa vie temporelle ! Il descend alors l’absolu du ciel dans les choses politiques. Le cléricalisme moderne est ainsi devenu la chose la plus partagée dans notre monde dit laïc. A défaut de Dieu, l’assurance d’avoir raison dans les choses temporelles fait des politiciens des idéologues qui fondent par des discours exclusifs et des pratiques tout aussi exclusives “leur vérité“.
Le véritable débat politique, au sein de ces idéologies dominantes, ne peut donc plus avoir lieu. La Vérité ne transcende pas ou ne relativise pas un débat quand on croit l’incarner contre un adversaire qui a, cependant, sans doute aussi raison, s’il est de bonne foi. Chacun ayant partiellement raison dans une démarche ouverte à cette réalité-vérité qu’on arrive difficilement à appréhender dans sa totalité ou chacun ayant totalement tort si derrière l’idéologie se masque simplement un instrument de prise de pouvoir au nom d’intérêts particuliers. C’est le verre à demi vide ou à demi plein ou le discours sur le verre comme enjeu de pouvoir. Dans une démarche honnête, il faut la solidarité mais il faut aussi la liberté : pourquoi vouloir être dans un camp ? Est-il impossible d’avoir la solidarité et la liberté comme si une valeur était exclusive de l’autre alors que l’une implique forcément l’autre ! Les valeurs comme les vertus forment des touts homogènes.
Plus l’idéologie est globale et se veut logique, libéralisme et socialisme, moins elle rend compte de la réalité humaine et sociale, plus elle s’oppose aux vérités partielles que des hommes de bonne volonté essaient de découvrir et de mettre en œuvre dans la recherche de la meilleure adéquation possible du discours et des actes à la réalité humaine et sociale ou, autrement dit, de l’intelligence à la Vérité, pour pouvoir mieux rendre service.
Aujourd’hui, l’homme politique français croit que son discours crée la réalité et que la réalité n’a qu’à obéir à son Verbe imprécateur. Croit-il avoir vraiment tué Dieu pour prendre sa place, plus particulièrement la place de son Verbe ? Il s’étonne de ne pouvoir trouver des solutions aux problèmes de notre temps – croissance, emploi, solidarité -…mais c’est parce qu’il n’obéit ni à la réalité, ni à son souverain, le peuple ! L’homme politique est devenu roi d’un monde artificiel où le souverain, le peuple, devient son peuple et la réalité, son verbe. Il lui faut revenir sur terre, la réalité sinon va le ramener sur terre brutalement. On ne manipule pas impunément le peuple !
Le politique doit être à l’écoute de son Souverain, c’est alors qu’il pourra proposer des solutions aux problèmes sociaux et économiques, solutions que les français attendent et pour lesquels ils sont prêts à entendre la vérité. Son travail sera alors de faire partager les solutions et coordonner leur mise en œuvre…..
Le Souverain, c'est-à-dire le peuple, doit également comprendre une telle approche : il n’est souverain que partiellement ; dans le mensonge, il perd sa souveraineté. On peut vouloir se tromper sur la gravité de sa maladie, ce n’est pas la bonne manière de guérir. La politique de l’autruche n’est pas une politique. Le Souverain, le peuple peut se mentir à lui-même et ainsi faire confiance aux menteurs ou aux illusionnistes. Le dictateur peut même être élu démocratiquement. Ce genre de schizophrénie laisse un goût amer et conduit à la mort certaine de la démocratie et donc de la politique. Le Souverain doit retrouver la vigilance de la citoyenneté active pour que des solutions puissent être trouvées à ses problèmes. Ce n’est pas dans le sentimentalisme pleurnicheur qu’il retrouvera cette vigilance citoyenne, ni dans la critique “tous des pourris“, c’est dans l’engagement et le débat démocratique qu’il pourra ouvrir d’autres chemins, les chemins du renouveau démocratique et politique !
La refondation du politique se fera donc par une démarche vraie qui sort des idéologies toutes faites et plus particulièrement du libéralisme et socialisme. C’est une véritable rupture révolutionnaire qui se prépare dans la société française quand, aux présidentielles et au référendum, les partis officiels ne rassemblent plus et que la droite et la gauche, majoritaires dans les institutions représentatives, ne sont plus suivies par le peuple. C’est un appel pour sortir des clivages traditionnels et un besoin absolu de trouver des solutions aux problèmes de notre temps ! Il nous faut donc appréhender de la manière la plus vraie cette réalité de la société française, mais aussi européenne. Cette démarche non partisane est indispensable, sauf à tomber de Charybde en Scylla dans les pseudo-solutions apportées par les idéologies traditionnelles.
Le Non à la Constitution Européenne révèle un besoin de Renouveau Politique et le besoin de repenser le projet européen
Les raisons du non à la Constitution européenne sont sans doute nombreuses. Cependant les besoins de vérité en politique, de liberté, de solidarité n’ont-ils pas été déterminants dans le vote majoritaire du non ? La vérité, la liberté et la solidarité sont les valeurs sur lesquelles, il faut bâtir le projet européen. Sans ces valeurs, les peuples n’en voudront pas.
La politique ne peut pas se passer de vérité qui est à la base du bien commun. Nous voulons que nos politiques abandonnent, dès lors, les idéologies toutes faites, ces réponses prédéterminées aux problèmes de notre temps. Nous voulons ainsi être respectés sinon, après tout débat politique – qu’il soit de droite ou de gauche – nous avons l’impression d’avoir été bernés et trompés ; c’est avec la gueule de bois que nous sommes dans le camp des vainqueurs ou des vaincus et que nous passons ainsi d’une alternance à une autre. Ces alternances ne nous satisfont plus. Elles nous satisferont de moins en moins si on en reste avec cette fausse alternative, car in fine, à droite comme à gauche, nous constatons que rien n’est réglé quand son camp est au pouvoir. Le non au référendum est ainsi également un refus des partis traditionnels, de leur manière de conduire la politique mais aussi de mentir au Souverain, le peuple. Le non est un besoin de renouveau politique.
Le débat sur le projet constitutionnel, comme tout débat politique digne de ce nom, aurait du avoir comme finalité la volonté d’apporter les meilleures solutions possibles aux problèmes des français. L’Europe et le projet de Constitution européenne en auraient découler pour se donner les moyens de cette politique à l’échelle de la globalisation mondiale. Est-ce une bonne manière de faire progresser l’Europe que de vouloir faire approuver des politiques économiques et sociales inefficaces et destructrices, soumises aux intérêts des plus forts, en l’occurrence le libéralisme anglo-saxon, en les inscrivant dans le marbre d’une Constitution et en voulant, en outre, identifier l’Europe à cette Constitution sans plan B ? Double crime pour l’Europe !
L’Europe reste une nécessité pour faire poids dans une mondialisation plus présente et faire face à la globalisation financière. Il lui faut pour cela ne pas se soumettre aux règles édictées par une puissance étrangère, non européenne au surplus : les Etats-Unis. Si au nom de l’Europe, on mène des politiques contraires à l’intérêt de l’Europe, il y a crime, crime de haute trahison européenne. Ce fut un crime de haute trahison européenne que l’alignement sur l’Otan en politique étrangère et un crime de haute trahison européenne que la mise en œuvre de politiques économiques contraires à l’économie sociale de marché, tout cela au nom de l’idéologie et de la servilité de pays au service des intérêts de la Puissance dominante : les Etats-Unis !
Les idéologies du non, poussées dans leurs logiques extrêmes, celles du nationalisme et du collectivisme, sont minoritaires, des restes de ces lendemains qui chantent où on rase gratis dans les goulags et les camps réels du totalitarisme.
Les non, non-oui ou oui-non, qui se sont exprimés, ne peuvent donc être lus comme projet au sein des forces politiques présentes qui ont appelé à voter non. Ce projet ne s’exprime pas plus par les tenants du oui qui, logiquement, s’ils avaient eu une véritable légitimité, auraient dû exprimer une large majorité. Sauf donc à déclarer le peuple insensé, il faut donc supposer que le vote des français est prémisse, anticipation, préparation de ce besoin de renouveau de la politique, le soubresaut d’une démocratie qui reste bien vivante et réelle. C’est ce que nous retenons et c’est ce que nous a appris le débat sur le projet constitutionnel : une attente et un besoin de renouveau. Il s’agit de tracer un chemin politique à cette majorité qui s’exprime sans représentant : c’est, dans une démocratie, la tâche de tout véritable démocrate !
La politique ne peut pas se passer de vérité qui est à la base du bien commun. Nous voulons que nos politiques abandonnent, dès lors, les idéologies toutes faites, ces réponses prédéterminées aux problèmes de notre temps. Nous voulons ainsi être respectés sinon, après tout débat politique – qu’il soit de droite ou de gauche – nous avons l’impression d’avoir été bernés et trompés ; c’est avec la gueule de bois que nous sommes dans le camp des vainqueurs ou des vaincus et que nous passons ainsi d’une alternance à une autre. Ces alternances ne nous satisfont plus. Elles nous satisferont de moins en moins si on en reste avec cette fausse alternative, car in fine, à droite comme à gauche, nous constatons que rien n’est réglé quand son camp est au pouvoir. Le non au référendum est ainsi également un refus des partis traditionnels, de leur manière de conduire la politique mais aussi de mentir au Souverain, le peuple. Le non est un besoin de renouveau politique.
Le débat sur le projet constitutionnel, comme tout débat politique digne de ce nom, aurait du avoir comme finalité la volonté d’apporter les meilleures solutions possibles aux problèmes des français. L’Europe et le projet de Constitution européenne en auraient découler pour se donner les moyens de cette politique à l’échelle de la globalisation mondiale. Est-ce une bonne manière de faire progresser l’Europe que de vouloir faire approuver des politiques économiques et sociales inefficaces et destructrices, soumises aux intérêts des plus forts, en l’occurrence le libéralisme anglo-saxon, en les inscrivant dans le marbre d’une Constitution et en voulant, en outre, identifier l’Europe à cette Constitution sans plan B ? Double crime pour l’Europe !
L’Europe reste une nécessité pour faire poids dans une mondialisation plus présente et faire face à la globalisation financière. Il lui faut pour cela ne pas se soumettre aux règles édictées par une puissance étrangère, non européenne au surplus : les Etats-Unis. Si au nom de l’Europe, on mène des politiques contraires à l’intérêt de l’Europe, il y a crime, crime de haute trahison européenne. Ce fut un crime de haute trahison européenne que l’alignement sur l’Otan en politique étrangère et un crime de haute trahison européenne que la mise en œuvre de politiques économiques contraires à l’économie sociale de marché, tout cela au nom de l’idéologie et de la servilité de pays au service des intérêts de la Puissance dominante : les Etats-Unis !
Les idéologies du non, poussées dans leurs logiques extrêmes, celles du nationalisme et du collectivisme, sont minoritaires, des restes de ces lendemains qui chantent où on rase gratis dans les goulags et les camps réels du totalitarisme.
Les non, non-oui ou oui-non, qui se sont exprimés, ne peuvent donc être lus comme projet au sein des forces politiques présentes qui ont appelé à voter non. Ce projet ne s’exprime pas plus par les tenants du oui qui, logiquement, s’ils avaient eu une véritable légitimité, auraient dû exprimer une large majorité. Sauf donc à déclarer le peuple insensé, il faut donc supposer que le vote des français est prémisse, anticipation, préparation de ce besoin de renouveau de la politique, le soubresaut d’une démocratie qui reste bien vivante et réelle. C’est ce que nous retenons et c’est ce que nous a appris le débat sur le projet constitutionnel : une attente et un besoin de renouveau. Il s’agit de tracer un chemin politique à cette majorité qui s’exprime sans représentant : c’est, dans une démocratie, la tâche de tout véritable démocrate !
L’actuelle impasse de l’Empire européen
Aujourd’hui, l’Empire européen n’existe plus. La tournure prise par les institutions européennes dans le projet de constitution européenne allait même à l’encontre d’un tel projet. Pour construire un empire, il faut, en effet, une identité culturelle et spirituelle, des frontières qui, certes, peuvent être souples, mais qui distinguent quand même l’Europe du reste du monde et il faut, qu’à l’intérieur des frontières communes, la solidarité l’emporte sur le grand marché mondial.
La culture chrétienne est aujourd’hui reniée. Elle est pourtant le fondement de l’Europe, de son humanisme transcendant, de la laïcité et même du refus révolutionnaire de la servitude qu’incarnent bien les encyclopédistes et l’ère des Lumières. Les frontières de l’Europe, si on croit la Commission européenne, iraient avec la Turquie jusqu’en Irak. Le grand marché mondial est le nouveau crédo de cette même Commission qui oublie que, dès lors, s’il n’y a pas de préférence européenne, si l’Europe ne se conçoit pas pour peser face à la mondialisation et préserver son modèle social et son humanisme, elle n’a aucune raison d’être. L’idéologie des soi-disant européens, des fonctionnaires payés par l’Europe, est une machine de guerre contre l’Europe.
Construire l’Europe moderne, l’empire européen, nous demande de passer par la philosophie et les idées pour reprendre contact avec notre culture de la vérité, de la liberté et de la solidarité, de comprendre aussi la laïcité, la raison qui éclaire la religion et de retrouver les fondements d’une véritable politique qui passe aujourd’hui par le renouveau. C’est également réfléchir, dans ce sens, aux conditions idéologiques d’un renouveau politique, exprimer l’attente et donner une expression au besoin de renouveau politique qui s’exprime aujourd’hui dans toute l’Europe.
Aujourd’hui, il s’agit de préparer une véritable recomposition idéologique autour des problèmes de la France. Les problèmes, qui demandent l’union des français, perdurent depuis plus de vingt ans. Ils ne sont pas traités, même si on en parle plus qu’hier : Croissance-Emploi-Démographie-Construction européenne-Solidarité-Energie-Retraite-développement durable. Une recomposition politique idéologique reste à faire comme préalable à de nouvelles majorités engageant la France et l’Europe dans l’audace de véritables réformes.
Il s’agit toujours d’être un vrai révolutionnaire en voulant les changements que le système des profiteurs n’est pas prêt à accepter, il s’agit toujours de faire ces changements dans la justice et la solidarité et donc d’être un vrai socialiste, il s’agit toujours de libérer la responsabilité et l’initiative et donc d’être un vrai libéral et enfin, il s’agit toujours d’être un vrai conservateur et d’aimer notre tradition de vérité, de liberté et de solidarité.
La France, mais aussi l’Europe sont prêtes à ces audaces, mais le système politicien, le plus souvent, n’évoque les problèmes que pour mieux les évacuer et ne pas les traiter. Sa devise reste : ce qu’il faut changer pour ne rien changer. Le verbe et le look doivent donner une fois de plus l’illusion du changement. Hier en France, c’était la fracture sociale, vrai slogan, mais seulement pour faire élire Chirac ; aujourd’hui, c’est la rupture pour pouvoir continuer de faire semblant d’agir. On veut entretenir le moribond : le système politique qui entretient la politique spectacle dont les peuples européens ne veulent plus et où, le plus souvent, les héritiers prétendent rompre avec l’héritage pour lequel il se sont pourtant battus ! Les slogans et les mots remplacent une parole que l’on veut d’autant plus vraie que le positionnement, le lieu dont on parle, est faux.
Notre personnel politique n’est pas au renouveau car il a choisi le plus souvent la chose publique pour faire carrière.et pour faire carrière, dans les schémas actuels, il faut choisir son camp ! L’homme politique se trouve ainsi d’un camp et amputé de la vérité de l’autre camp. S’il devait lui arriver de reconnaître les vérités de ses adversaires et composer avec eux, par souci de vérité, on le prierait de quitter son camp ; sa carrière politique serait donc finie dans le faux système partisan qui structure notre démocratie.
De Gaulle avait constaté les limites du système partisan ; il voulut alors les contourner par les institutions de la Vème République, plus particulièrement par l’élection au suffrage universel du Président de la République et par son rôle. Les Présidentielles devaient et peuvent encore permettre à l’homme politique de parler à la France et aux Français en les rassemblant autour d’un projet qui dépasse les clivages politiques traditionnels. Mais les institutions ont été dévoyées par la cohabitation, le quinquennat et par le choix du candidat à la présidence par les Partis. Le temps viendra où les circonstances intérieures et extérieurs obligeront à nouveau de découvrir les institutions de la France faites pour la sauver de la médiocrité. Ce temps est proche, mais nous ne sommes pas encore suffisamment au temps des crises graves ! Aujourd’hui les partis sont là pour empêcher les hommes qui apportent du renouveau et disent la vérité, de parler et d’accéder aux fonctions politiques. Leur fonction partisane n’est pas de faciliter la démocratie, mais en grande partie de l’empêcher par leur monopole idéologique et humain dans la présentation des candidats.
Ce moment de véritable rupture approche. Le facteur humain et personnel, la rencontre d’un homme issu de son peuple pour parler à son peuple reprendra son importance, car le système est à bout de souffle. Nous sommes en période de crise, à la croisée des chemins, après avoir tout essayé. Bientôt des hommes qui ne sont pas d’une idéologie, mais de leur pays, la France, de leur continent, l’Europe, et de leur planète pourront à nouveau parler pour leur pays et de leur pays s’ouvrir à une Europe repensée dans un projet de civilisation afin d’étendre l’âme de la France à l’Europe, et l’âme de l’Europe au reste du monde.
Les partis politiques désavoués n’ont pas encore compris qu’ils ne pouvaient se rattraper dans le cadre traditionnel de leurs petites affaires. L’électorat ne les suit plus. Les partisans de ces idéologies peuvent s’en offusquer, penser que le peuple a tort, mais peut-on changer de peuple sans préparer un coup d’Etat et vouloir la dictature ? Le Souverain n’est pas le larbin qu’on appelle à s’exprimer pour obéir ; il le rappelle quelques fois ! Il suivra le renouveau quand le renouveau viendra à lui.
Ne l’oublions pas ! Si nous ne construisons pas l’Empire européen, d’autres empires nous annexeront et nous disparaîtrons. L’Europe a besoin d’être « puissance », car sinon elle serait impuissante ; l’Europe a besoin d’être indépendante, car sinon elle serait dépendante ; l’Europe a besoin d’une politique, car sinon la politique des autres sera notre politique !
La culture chrétienne est aujourd’hui reniée. Elle est pourtant le fondement de l’Europe, de son humanisme transcendant, de la laïcité et même du refus révolutionnaire de la servitude qu’incarnent bien les encyclopédistes et l’ère des Lumières. Les frontières de l’Europe, si on croit la Commission européenne, iraient avec la Turquie jusqu’en Irak. Le grand marché mondial est le nouveau crédo de cette même Commission qui oublie que, dès lors, s’il n’y a pas de préférence européenne, si l’Europe ne se conçoit pas pour peser face à la mondialisation et préserver son modèle social et son humanisme, elle n’a aucune raison d’être. L’idéologie des soi-disant européens, des fonctionnaires payés par l’Europe, est une machine de guerre contre l’Europe.
Construire l’Europe moderne, l’empire européen, nous demande de passer par la philosophie et les idées pour reprendre contact avec notre culture de la vérité, de la liberté et de la solidarité, de comprendre aussi la laïcité, la raison qui éclaire la religion et de retrouver les fondements d’une véritable politique qui passe aujourd’hui par le renouveau. C’est également réfléchir, dans ce sens, aux conditions idéologiques d’un renouveau politique, exprimer l’attente et donner une expression au besoin de renouveau politique qui s’exprime aujourd’hui dans toute l’Europe.
Aujourd’hui, il s’agit de préparer une véritable recomposition idéologique autour des problèmes de la France. Les problèmes, qui demandent l’union des français, perdurent depuis plus de vingt ans. Ils ne sont pas traités, même si on en parle plus qu’hier : Croissance-Emploi-Démographie-Construction européenne-Solidarité-Energie-Retraite-développement durable. Une recomposition politique idéologique reste à faire comme préalable à de nouvelles majorités engageant la France et l’Europe dans l’audace de véritables réformes.
Il s’agit toujours d’être un vrai révolutionnaire en voulant les changements que le système des profiteurs n’est pas prêt à accepter, il s’agit toujours de faire ces changements dans la justice et la solidarité et donc d’être un vrai socialiste, il s’agit toujours de libérer la responsabilité et l’initiative et donc d’être un vrai libéral et enfin, il s’agit toujours d’être un vrai conservateur et d’aimer notre tradition de vérité, de liberté et de solidarité.
La France, mais aussi l’Europe sont prêtes à ces audaces, mais le système politicien, le plus souvent, n’évoque les problèmes que pour mieux les évacuer et ne pas les traiter. Sa devise reste : ce qu’il faut changer pour ne rien changer. Le verbe et le look doivent donner une fois de plus l’illusion du changement. Hier en France, c’était la fracture sociale, vrai slogan, mais seulement pour faire élire Chirac ; aujourd’hui, c’est la rupture pour pouvoir continuer de faire semblant d’agir. On veut entretenir le moribond : le système politique qui entretient la politique spectacle dont les peuples européens ne veulent plus et où, le plus souvent, les héritiers prétendent rompre avec l’héritage pour lequel il se sont pourtant battus ! Les slogans et les mots remplacent une parole que l’on veut d’autant plus vraie que le positionnement, le lieu dont on parle, est faux.
Notre personnel politique n’est pas au renouveau car il a choisi le plus souvent la chose publique pour faire carrière.et pour faire carrière, dans les schémas actuels, il faut choisir son camp ! L’homme politique se trouve ainsi d’un camp et amputé de la vérité de l’autre camp. S’il devait lui arriver de reconnaître les vérités de ses adversaires et composer avec eux, par souci de vérité, on le prierait de quitter son camp ; sa carrière politique serait donc finie dans le faux système partisan qui structure notre démocratie.
De Gaulle avait constaté les limites du système partisan ; il voulut alors les contourner par les institutions de la Vème République, plus particulièrement par l’élection au suffrage universel du Président de la République et par son rôle. Les Présidentielles devaient et peuvent encore permettre à l’homme politique de parler à la France et aux Français en les rassemblant autour d’un projet qui dépasse les clivages politiques traditionnels. Mais les institutions ont été dévoyées par la cohabitation, le quinquennat et par le choix du candidat à la présidence par les Partis. Le temps viendra où les circonstances intérieures et extérieurs obligeront à nouveau de découvrir les institutions de la France faites pour la sauver de la médiocrité. Ce temps est proche, mais nous ne sommes pas encore suffisamment au temps des crises graves ! Aujourd’hui les partis sont là pour empêcher les hommes qui apportent du renouveau et disent la vérité, de parler et d’accéder aux fonctions politiques. Leur fonction partisane n’est pas de faciliter la démocratie, mais en grande partie de l’empêcher par leur monopole idéologique et humain dans la présentation des candidats.
Ce moment de véritable rupture approche. Le facteur humain et personnel, la rencontre d’un homme issu de son peuple pour parler à son peuple reprendra son importance, car le système est à bout de souffle. Nous sommes en période de crise, à la croisée des chemins, après avoir tout essayé. Bientôt des hommes qui ne sont pas d’une idéologie, mais de leur pays, la France, de leur continent, l’Europe, et de leur planète pourront à nouveau parler pour leur pays et de leur pays s’ouvrir à une Europe repensée dans un projet de civilisation afin d’étendre l’âme de la France à l’Europe, et l’âme de l’Europe au reste du monde.
Les partis politiques désavoués n’ont pas encore compris qu’ils ne pouvaient se rattraper dans le cadre traditionnel de leurs petites affaires. L’électorat ne les suit plus. Les partisans de ces idéologies peuvent s’en offusquer, penser que le peuple a tort, mais peut-on changer de peuple sans préparer un coup d’Etat et vouloir la dictature ? Le Souverain n’est pas le larbin qu’on appelle à s’exprimer pour obéir ; il le rappelle quelques fois ! Il suivra le renouveau quand le renouveau viendra à lui.
Ne l’oublions pas ! Si nous ne construisons pas l’Empire européen, d’autres empires nous annexeront et nous disparaîtrons. L’Europe a besoin d’être « puissance », car sinon elle serait impuissante ; l’Europe a besoin d’être indépendante, car sinon elle serait dépendante ; l’Europe a besoin d’une politique, car sinon la politique des autres sera notre politique !
lundi 8 janvier 2007
L’ ISL (Institut franco-allemand de recherche de Saint-Louis) Atouts d’ une Agence Européenne d’Innovation Stratégique
Un constat
1. L’Europe consacre à la Recherche-Développement Industrielle (RDI) stratégique ou militaire six fois moins de crédits que les Etats-Unis et la réussite des Etats-Unis montre qu’on peut difficilement extraire la RDI militaire du civil, et réciproquement.
Partir du militaire pour engager une démarche dans l’innovation industrielle européenne est, dès lors, un atout puisque c’est, en grande partie, une stratégie militaire qui a conféré aux Etats-Unis la maîtrise du développement économique et technologique, clé de leur position dominante économiquement.
2. Seule en Europe, la France a mené une telle politique d’indépendance européenne, liée en particulier à ses programmes nucléaires et aérospatiaux. Il existe une très forte demande de soutien non satisfaite pour la RDI des industriels du complexe militaro-industriel.
Les moyens actuels de la DGA ne permettent pas de faire face à l’ensemble des propositions des industriels et d’assurer un suivi plus complet des PME les plus performantes. Les impératifs Sécurité-Défense font que les industriels confient leurs projets à un organisme habilité Défense et non à des civils....
Il faut un instrument européen de défense pour l’innovation stratégique dans la situation de guerre économique.
Un objectif
Se doter avec L’ISL d’un instrument stratégique regroupant les pays qui veulent aller de l’avant dans l’indépendance européenne (Tervuren) pour répondre à cette innovation stratégique liée à la Sécurité-Défense.
Des atouts
Avec l’ISL, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle structure, mais seulement d’élargir ses compétences aux nouveaux enjeux stratégiques européens liés à l’innovation. L’ISL a vocation à devenir le Centre de Recherche de l’Agence Européenne de la Défense et à répondre aux demandes des entreprises européennes les plus performantes. .
1. l’ISL est le premier pôle franco-allemand et européen de recherche appliquée (compétences sur le laser, l’optronique et imagerie active, nanotechnologies, spatial).
2. L’ISL est au centre de l’espace rhénan qui regroupe les compétences les plus fortes sur lesquelles l’Agence d’innovation veut travailler et peut donc travailler en complémentarité.
L’agglomération tri- nationale de Bâle- Saint-Louis, c’est :
a) la première concentration mondiale pour la chimie et les biotechnologies ;
b) les principales compétences de la France, de l’Allemagne et de la Suisse pour l’optique et la photonique ainsi que pour les nanotechnologies.
c) le siège de la Fondation trinationale (BASE) pour les énergies durables, leader européen pour les énergies nouvelles.
3. L’ISL a l’habitude de travailler sur plusieurs pays en équipes pluridisciplinaires et sa recherche est déjà appliquée à l’innovation industrielle
Une proposition de méthode pour concrétiser la proposition ISL
1. Recenser en accord avec les entreprises et la DGA une liste de projets qui ne s’inscrivent pas dans les structures actuelles et ne seront pas financés par l’Agence civile d’innovation ;
2. Arrêter, à partir de ces propositions, des programmes ayant vocation à une dimension européenne sur ces technologies stratégiques,
3. Proposer ainsi aux allemands, aux italiens, aux hollandais un cluster dans l’espace rhénan sur les technologies stratégiques européennes en y associant les industriels et les banques de ces pays (CDC, KFW, Fondations italiennes)
4. Mettre en évidence :
- le statut binational de l’ISL adaptable pour l’élargir à d’autres missions et d’autres pays européens
- le dynamisme rhénan (de la Lombardie à Rotterdam) recentré sur l’avenir
- la complémentarité avec l’Agence Beffa pour les affaires stratégiques liées au complexe militaro-industriel mais ayant un usage dual
Concrétiser la proposition ISL
5. Affecter une partie des fonds alloués à l’Agence Beffa ou des fonds de la Recherche à l’ISL de l’innovation ;
6. Ouvrir l’ISL à d’autres pays européens qui font le choix de l’Europe indépendante et renforcer l’Agence européenne de la défense dans une stratégie de l’Europe indépendante
7. Créer ainsi une bonne émulation des deux Agences civiles et militaires pour l’innovation et constater, à terme, quels résultats sont les plus porteurs, l’innovation militaire ou “civile“.
1. L’Europe consacre à la Recherche-Développement Industrielle (RDI) stratégique ou militaire six fois moins de crédits que les Etats-Unis et la réussite des Etats-Unis montre qu’on peut difficilement extraire la RDI militaire du civil, et réciproquement.
Partir du militaire pour engager une démarche dans l’innovation industrielle européenne est, dès lors, un atout puisque c’est, en grande partie, une stratégie militaire qui a conféré aux Etats-Unis la maîtrise du développement économique et technologique, clé de leur position dominante économiquement.
2. Seule en Europe, la France a mené une telle politique d’indépendance européenne, liée en particulier à ses programmes nucléaires et aérospatiaux. Il existe une très forte demande de soutien non satisfaite pour la RDI des industriels du complexe militaro-industriel.
Les moyens actuels de la DGA ne permettent pas de faire face à l’ensemble des propositions des industriels et d’assurer un suivi plus complet des PME les plus performantes. Les impératifs Sécurité-Défense font que les industriels confient leurs projets à un organisme habilité Défense et non à des civils....
Il faut un instrument européen de défense pour l’innovation stratégique dans la situation de guerre économique.
Un objectif
Se doter avec L’ISL d’un instrument stratégique regroupant les pays qui veulent aller de l’avant dans l’indépendance européenne (Tervuren) pour répondre à cette innovation stratégique liée à la Sécurité-Défense.
Des atouts
Avec l’ISL, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle structure, mais seulement d’élargir ses compétences aux nouveaux enjeux stratégiques européens liés à l’innovation. L’ISL a vocation à devenir le Centre de Recherche de l’Agence Européenne de la Défense et à répondre aux demandes des entreprises européennes les plus performantes. .
1. l’ISL est le premier pôle franco-allemand et européen de recherche appliquée (compétences sur le laser, l’optronique et imagerie active, nanotechnologies, spatial).
2. L’ISL est au centre de l’espace rhénan qui regroupe les compétences les plus fortes sur lesquelles l’Agence d’innovation veut travailler et peut donc travailler en complémentarité.
L’agglomération tri- nationale de Bâle- Saint-Louis, c’est :
a) la première concentration mondiale pour la chimie et les biotechnologies ;
b) les principales compétences de la France, de l’Allemagne et de la Suisse pour l’optique et la photonique ainsi que pour les nanotechnologies.
c) le siège de la Fondation trinationale (BASE) pour les énergies durables, leader européen pour les énergies nouvelles.
3. L’ISL a l’habitude de travailler sur plusieurs pays en équipes pluridisciplinaires et sa recherche est déjà appliquée à l’innovation industrielle
Une proposition de méthode pour concrétiser la proposition ISL
1. Recenser en accord avec les entreprises et la DGA une liste de projets qui ne s’inscrivent pas dans les structures actuelles et ne seront pas financés par l’Agence civile d’innovation ;
2. Arrêter, à partir de ces propositions, des programmes ayant vocation à une dimension européenne sur ces technologies stratégiques,
3. Proposer ainsi aux allemands, aux italiens, aux hollandais un cluster dans l’espace rhénan sur les technologies stratégiques européennes en y associant les industriels et les banques de ces pays (CDC, KFW, Fondations italiennes)
4. Mettre en évidence :
- le statut binational de l’ISL adaptable pour l’élargir à d’autres missions et d’autres pays européens
- le dynamisme rhénan (de la Lombardie à Rotterdam) recentré sur l’avenir
- la complémentarité avec l’Agence Beffa pour les affaires stratégiques liées au complexe militaro-industriel mais ayant un usage dual
Concrétiser la proposition ISL
5. Affecter une partie des fonds alloués à l’Agence Beffa ou des fonds de la Recherche à l’ISL de l’innovation ;
6. Ouvrir l’ISL à d’autres pays européens qui font le choix de l’Europe indépendante et renforcer l’Agence européenne de la défense dans une stratégie de l’Europe indépendante
7. Créer ainsi une bonne émulation des deux Agences civiles et militaires pour l’innovation et constater, à terme, quels résultats sont les plus porteurs, l’innovation militaire ou “civile“.
SAINT LOUIS ET L'ESPACE RHENAN : LA FRANCE ET L'INNOVATION POUR L’EUROPE
POURQUOI L’ESPACE RHENAN ?
1. La France dépense 2,2% de son PIB pour la Recherche Développement, chiffre proche des EU (2,8% du PIB), mais la France dépense en valeur près de 10X (9.58) moins que les EU en RD. La France doit s’associer à d’autres pays pour avoir la masse critique
2. Ses partenaires européens de l’Europe continentale sont naturellement ses clients et fournisseurs. L’Espace Rhénan, le croissant d’or qui va de Milan à Rotterdam, est au Cœur de cinq de nos six premiers partenaires européens continentaux (L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse..)
3. Il faut adapter, par une initiative française, le modèle social européen dit rhénan (opposé au capitalisme anglo-saxon plus individualiste) à la nouvelle donne mondiale.
L’ AGENCE D’INNOVATION
1. "L’Agence financera des projets dans les domaines des biotechnologies, des nanotechnologies, des biocarburants et de l’énergie solaire, elle devra associer largement les PME au côté des grands groupes industriels".(extraits du discours du Premier Ministre)
2. Il s’agit de trouver une dynamique de déploiement sur le marché à partir de projets industriels pilotés par les entreprises et partagés au niveau européen, il s’agit de fédérer les entreprises autour de programmes (Extraits Agence europénne d’innovation Medef)
3. Un système coopératif est à mettre en place incluant les laboratoires de recherche publics, les entreprises partenaires, les grands clients et les prescripteurs (Medef).
POURQUOI SAINT LOUIS ?
Saint Louis est le versant français de l’Agglomération Trinationale de Bâle – ATB - qui est le centre économique du Rhin Supérieur.
L’Espace ATB des trois frontières :
1. Connaît la première concentration mondiale pour la chimie et les biotechnologies ;
2. Regroupe avec Rhenaphotonics les compétences de la France, de l’Allemagne et de la Suisse pour l’optique et la photonique ainsi que pour les nanotechnologies.
3. Est le siège de la Fondation trinationale (BASE) pour les énergies durables travaillant dans l’Espace Rhénan, leader européen pour les énergies nouvelles – Fribourg et Belfort.
4. Est le siège de l’ISL premier pôle franco-allemand et européen de recherche appliquée (compétences sur le laser,optronique et imagerie active, nanotechnologies, spatial).
L’Atout l’ISL
1. L’ISL a vocation à devenir le Centre de Recherche de l’Agence Européenne de la Défense (DGA le 8 juin à Paris)
2. 80% des nouvelles technologies industrielles (NTI) sont issues aux EU du secteur de la défense.
3. Travailler en protocole Sécurité-Défense est nécessaire (espionnage industriel).
4. L’ISL est au centre de l’espace rhénan qui regroupe les compétences les plus fortes sur lesquelles l’Agence d’innovation veut travailler.
5. L’ISL a l’habitude de travailler sur plusieurs pays en équipes pluridisciplinaires et sa recherche est déjà appliquée à l’innovation industrielle (défense et civil- spatial).
6. Son statut peut être étendu à de nouvelles compétences par décision franco-allemande.
1. La France dépense 2,2% de son PIB pour la Recherche Développement, chiffre proche des EU (2,8% du PIB), mais la France dépense en valeur près de 10X (9.58) moins que les EU en RD. La France doit s’associer à d’autres pays pour avoir la masse critique
2. Ses partenaires européens de l’Europe continentale sont naturellement ses clients et fournisseurs. L’Espace Rhénan, le croissant d’or qui va de Milan à Rotterdam, est au Cœur de cinq de nos six premiers partenaires européens continentaux (L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse..)
3. Il faut adapter, par une initiative française, le modèle social européen dit rhénan (opposé au capitalisme anglo-saxon plus individualiste) à la nouvelle donne mondiale.
L’ AGENCE D’INNOVATION
1. "L’Agence financera des projets dans les domaines des biotechnologies, des nanotechnologies, des biocarburants et de l’énergie solaire, elle devra associer largement les PME au côté des grands groupes industriels".(extraits du discours du Premier Ministre)
2. Il s’agit de trouver une dynamique de déploiement sur le marché à partir de projets industriels pilotés par les entreprises et partagés au niveau européen, il s’agit de fédérer les entreprises autour de programmes (Extraits Agence europénne d’innovation Medef)
3. Un système coopératif est à mettre en place incluant les laboratoires de recherche publics, les entreprises partenaires, les grands clients et les prescripteurs (Medef).
POURQUOI SAINT LOUIS ?
Saint Louis est le versant français de l’Agglomération Trinationale de Bâle – ATB - qui est le centre économique du Rhin Supérieur.
L’Espace ATB des trois frontières :
1. Connaît la première concentration mondiale pour la chimie et les biotechnologies ;
2. Regroupe avec Rhenaphotonics les compétences de la France, de l’Allemagne et de la Suisse pour l’optique et la photonique ainsi que pour les nanotechnologies.
3. Est le siège de la Fondation trinationale (BASE) pour les énergies durables travaillant dans l’Espace Rhénan, leader européen pour les énergies nouvelles – Fribourg et Belfort.
4. Est le siège de l’ISL premier pôle franco-allemand et européen de recherche appliquée (compétences sur le laser,optronique et imagerie active, nanotechnologies, spatial).
L’Atout l’ISL
1. L’ISL a vocation à devenir le Centre de Recherche de l’Agence Européenne de la Défense (DGA le 8 juin à Paris)
2. 80% des nouvelles technologies industrielles (NTI) sont issues aux EU du secteur de la défense.
3. Travailler en protocole Sécurité-Défense est nécessaire (espionnage industriel).
4. L’ISL est au centre de l’espace rhénan qui regroupe les compétences les plus fortes sur lesquelles l’Agence d’innovation veut travailler.
5. L’ISL a l’habitude de travailler sur plusieurs pays en équipes pluridisciplinaires et sa recherche est déjà appliquée à l’innovation industrielle (défense et civil- spatial).
6. Son statut peut être étendu à de nouvelles compétences par décision franco-allemande.
Une agence européenne d'innovation ?
Peut-on s’appuyer sur ISL pour lancer l’Agence européenne d’innovation ?
Eléments de réflexions
Il peut sembler paradoxal de penser à s’appuyer sur une structure dont la mission est d’effectuer “des recherches et des études scientifiques et techniques fondamentales d’armement“ pour réfléchir aux opportunités de constituer, à partir de cette structure, la future Agence innovation en l’ouvrant à une dimension européenne, franco-allemande ouverte à d’autres pays (dont par exemple l’Italie, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas).
On pourrait certes montrer que l’ISL effectue des recherches appliquées des sources laser, d’imagerie active, d’initiateurs optopyrotechniques pour applications spatiales et militaires, etc. Domaines duaux de technologie innovante qui ouvre la recherche militaire à l’industrie civile. On pourrait affirmer également que ses équipes franco-allemandes de recherche, ouvertes aujourd’hui à des scientifiques d’autres pays, sont sans doute à même de détecter à la fois des stratégies d’innovation, de les suivre et de montrer des programmes pluridisciplinaires de recherche. Elles le font déjà dans leurs domaines de compétence ; elles pourraient, sans doute, mieux le faire, dans le domaine civil, que n’importe quelle nouvelle structure à créer. N’ont elles pas l’habitude d’un partage des cultures de travail, de la tension permanente entre la recherche et la faisabilité technique et industrielle nécessaire à toute recherche appliquée à la défense, de lancer des équipes de travail avec d’autres laboratoires de plusieurs pays ? Quelle structure rassemble autant de polytechniciens, de chercheurs de deux pays tout en étant liée aux laboratoires de recherche mais aussi à l’industrie des deux pays qui ont fondé la construction européenne ?
Ces faits seulement mériteraient qu’une telle proposition soit étudiée même si comme toute nouveauté, elle semble aller contre l’ordre et la pensée établis. Cependant les meilleurs arguments ne viendraient-ils pas des réussites dans le domaine de l’innovation de nos partenaires outre-Atlantique ? Les clefs de ces réussites sont-elles transposables dans une démarche européenne de compétitivité et de croissance par l’innovation ? Il s’agit de fonder l’Agence de l’innovation en effet sur une démarche qui nous permette à terme d’atteindre les objectifs de Lisbonne et ne pas avoir honte de notre modèle social européen appelé également modèle social rhénan. L’espace rhénan peut rester le plus grand pôle de compétitivité mondiale - ce qu’il a été du 18ème siècle aux années 1980 - il reste encore le PIB/habitant le plus élevé au monde.
I. Leçons des Etats-Unis et rappel de faits
Dans les années 80, les E-U connaissaient un taux de chômage avoisinant le nôtre en Europe. Les sommes consacrées à la Recherche-développement étaient également voisines. On croyait l’Amérique luire de ses derniers feux après le Vietnam et l’Iran et pourtant c’est à partir de ce moment que l’Amérique creuse l’écart par rapport au vieux continent.
Les Etats-Unis ont redécouvert que les nouvelles frontières de la science étaient les nouvelles frontières à conquérir, une activité stratégique. Ils conçurent ces frontières à franchir comme un objectif stratégique capable de restaurer la dynamique d’un peuple. L'initiative de défense stratégique en 1983 sous Reagan a servi ainsi d'aiguillon de croissance. Elle a stimulé l'activité par des dépenses budgétaires fédérales massives tournées vers la recherche développement militaire et les commandes au complexe militaro-industriel. Par la suite, la nouvelle frontière fut, sous Clinton, les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Derrière cette technique d’origine militaire, il y avait également un moyen de transformer le monde par la globalisation pour manifester, sous la toile, une présence et une capacité d'être à la pointe de la communication et de l’information pour transformer le monde selon ses intérêts.
Cette nouvelle économie repose sur l’innovation technologique, le passage de plus en plus rapide de l’invention à son application industrielle, le raccourcissement du cycle du produit et la nécessité de s’adapter à la demande
Rappel des faits
La Silicon Valley est née des investissements militaires portés massivement après la Seconde Guerre mondiale sur la façade Pacifique pour la recherche-développement et les industries de l’armement. Ce sont les industries de défense dans les années 1950 qui donnèrent naissance aux circuits intégrés et composants informatiques dans les années 1960, les micro-ordinateurs dans les années 1970 puis l’Internet dans la décennie écoulée. Intel, Apple, Sun Microsystem, Yahoo, Oracle, Cisco etc sont nés de cette dynamique dont l’origine est la recherche-développement militaire.
Au sein de la NSF (National Science Foundation -1951) est constitué un bureau spécialisé dans les affaires militaires : l’ARPA (Advanced Research Project Agency - 1956) C’est l’ARPA qui invente le NET par la mise en réseau des ordinateurs de l’armée.
Le Pentagone et la Nasa sont les clefs de voûte du système de recherche fédéral. Ils tiennent les leviers de commande d’une bonne part de la RD militaire et civile. Le DOD (Departement of Defense) a pu recevoir jusqu’au 2/3 de l’enveloppe fédérale de recherche-développement au plus fort de la guerre froide. Plus de 100 milliards de dollars sont distribués annuellement depuis la période 1995 aux entreprises du complexe militaro-industriel pour renforcer les pôles d’excellence de Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grum ann etc..
Enfin c’est la CIA qui a eu récemment mission de la traque et de la dénonciation des pratiques économiques jugées illégales – piratage et espionnage industriel – mais aussi de l’information économique et technique avec la création du CIRC (Central Information Reference Collection). L’intelligence économique est considérée comme stratégique et relevant du militaire.
2. Les leçons à tirer pour l’ISL
L’ISL doit “réaliser une étroite coopération….afin de renforcer la défense commune“ - préambule des statuts-. La notion de défense a aujourd’hui évolué. La guerre économique est une réalité. Elle consiste à affirmer sa suprématie sur les techniques et les savoir-faire, d’obtenir une suprématie qui permette d’affirmer doucement sa puissance en permettant l’éviction de toute possibilité d’opposition. Lorsqu’un pays est dépendant des autres technologiquement, lorsque le différentiel de croissance et de développement devient un fossé puis un abîme, lorsque sa propre défense dépend des autres, ce pays ne pourra qu’accepter sa situation et se soumettre. La politique d’alignement deviendra une obligation et non plus un libre choix.
On peut difficilement extraire le militaire du civil mais surtout partir du militaire pour engager une démarche dans l’innovation civile est un atout puisque c’est le militaire qui permet aux EU la maîtrise du développement économique et technologique et donc la domination.
3. La dimension européenne et l’atout franco-allemand de l’ISL
Extraits du rapport Beffa
L’initiative que doit ainsi prendre le gouvernement français en faveur de l’innovation industrielle pourrait être commune à de nombreux pays de l’Union européenne. Il convient d’envisager dès à présent un cadre européen intergouvernemental pour cette nouvelle politique industrielle. Certains pays seraient susceptibles d’y trouver un intérêt particulier. Les programmes mobilisateurs pour l’innovation industrielle pourraient ainsi constituer un mode original de coopération européenne, notamment avec l’Allemagne, si leur sélection et leur financement se faisait conjointement par les deux pays.
Extrait du rapport Medef
La récente création d’une Agence pour l’Innovation Industrielle est à raisonner dans une dimension européenne. Cette agence fait d’ailleurs déjà l’objet de projets partagés avec l’Allemagne…
Il s’agit de trouver une dynamique de déploiement sur le marché à partir de projets industriels pilotés par les entreprises et partagés au niveau européen entre plusieurs acteurs de secteurs d’activités complémentaires afin de déboucher sur des innovations globales plus compétitives et à forte valeur ajoutée….
Il manque donc, en Europe, d’un dispositif pertinent pour amplifier le passage au marché et permettre à des innovations de structurer plus rapidement le marché européen…
Avec l’ISL, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle structure mais d’élargir les compétences de cette structure de recherche franco-allemande de défense aux nouveaux enjeux stratégiques.
4. L’ISL et l’Agence Européenne de Défense
L’Agence Européenne de Défense fonctionnera surtout comme une structure de coordination pour la recherche et les nouvelles technologies de l’armement. L’ISL devrait logiquement se voir confier des programmes de RD par l’Agence européenne de Défense. La synergie duale devrait donc être d’autant plus efficace si l’ISL remplissait également les missions d’Agence d’innovation pour la France et l’Allemagne.
Cette synergie duale devrait fonctionner dans les deux sens. Le fait d’être à l’écoute des nouvelles technologies dans l’innovation renforcera également la structure de recherche innovation en défense.
5. L’ISL et les PME , l’atout DGA
On reproche souvent à la recherche publique de défense de profiter surtout aux grands groupes industriels et d’ignorer les PME. C’est oublier que les grands groupes drainent un tissu de PME autour de leurs programmes innovants ; c’est oublier également du côté français le rôle de la DGA ;
La DGA s’emploie à mieux exploiter la source d’innovation technologique, de réactivité et de compétitivité que constituent les PME-PMI.
Outre les échanges menés dans le cadre des partenariats stratégiques (rencontres avec les syndicats professionnels et leurs branches PME-PMI) et des forums ouverts (carrefours DGA
– industries, journées « Science et Défense »), la DGA poursuit plusieurs actions pour renforcer les liens avec le tissu des PME-PMI :
- mesures d’accompagnement au niveau régional dans le cadre d’une convention passée entre le ministère de la défense et le secrétariat à l’industrie ;
- procédure de « propositions non sollicitées » qui fournit aux industriels l’opportunité de soumettre des projets scientifiquement et techniquement ambitieux, s’ils offrent des perspectives intéressantes pour la défense ;
- procédure d’ « appels à compétences sur projets » pour faciliter la participation des
PME-PMI aux actions de recherche du ministère en diffusant, notamment sur Internet, les thèmes d’études pour lesquels la DGA recherche des propositions.
Eléments de réflexions
Il peut sembler paradoxal de penser à s’appuyer sur une structure dont la mission est d’effectuer “des recherches et des études scientifiques et techniques fondamentales d’armement“ pour réfléchir aux opportunités de constituer, à partir de cette structure, la future Agence innovation en l’ouvrant à une dimension européenne, franco-allemande ouverte à d’autres pays (dont par exemple l’Italie, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas).
On pourrait certes montrer que l’ISL effectue des recherches appliquées des sources laser, d’imagerie active, d’initiateurs optopyrotechniques pour applications spatiales et militaires, etc. Domaines duaux de technologie innovante qui ouvre la recherche militaire à l’industrie civile. On pourrait affirmer également que ses équipes franco-allemandes de recherche, ouvertes aujourd’hui à des scientifiques d’autres pays, sont sans doute à même de détecter à la fois des stratégies d’innovation, de les suivre et de montrer des programmes pluridisciplinaires de recherche. Elles le font déjà dans leurs domaines de compétence ; elles pourraient, sans doute, mieux le faire, dans le domaine civil, que n’importe quelle nouvelle structure à créer. N’ont elles pas l’habitude d’un partage des cultures de travail, de la tension permanente entre la recherche et la faisabilité technique et industrielle nécessaire à toute recherche appliquée à la défense, de lancer des équipes de travail avec d’autres laboratoires de plusieurs pays ? Quelle structure rassemble autant de polytechniciens, de chercheurs de deux pays tout en étant liée aux laboratoires de recherche mais aussi à l’industrie des deux pays qui ont fondé la construction européenne ?
Ces faits seulement mériteraient qu’une telle proposition soit étudiée même si comme toute nouveauté, elle semble aller contre l’ordre et la pensée établis. Cependant les meilleurs arguments ne viendraient-ils pas des réussites dans le domaine de l’innovation de nos partenaires outre-Atlantique ? Les clefs de ces réussites sont-elles transposables dans une démarche européenne de compétitivité et de croissance par l’innovation ? Il s’agit de fonder l’Agence de l’innovation en effet sur une démarche qui nous permette à terme d’atteindre les objectifs de Lisbonne et ne pas avoir honte de notre modèle social européen appelé également modèle social rhénan. L’espace rhénan peut rester le plus grand pôle de compétitivité mondiale - ce qu’il a été du 18ème siècle aux années 1980 - il reste encore le PIB/habitant le plus élevé au monde.
I. Leçons des Etats-Unis et rappel de faits
Dans les années 80, les E-U connaissaient un taux de chômage avoisinant le nôtre en Europe. Les sommes consacrées à la Recherche-développement étaient également voisines. On croyait l’Amérique luire de ses derniers feux après le Vietnam et l’Iran et pourtant c’est à partir de ce moment que l’Amérique creuse l’écart par rapport au vieux continent.
Les Etats-Unis ont redécouvert que les nouvelles frontières de la science étaient les nouvelles frontières à conquérir, une activité stratégique. Ils conçurent ces frontières à franchir comme un objectif stratégique capable de restaurer la dynamique d’un peuple. L'initiative de défense stratégique en 1983 sous Reagan a servi ainsi d'aiguillon de croissance. Elle a stimulé l'activité par des dépenses budgétaires fédérales massives tournées vers la recherche développement militaire et les commandes au complexe militaro-industriel. Par la suite, la nouvelle frontière fut, sous Clinton, les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Derrière cette technique d’origine militaire, il y avait également un moyen de transformer le monde par la globalisation pour manifester, sous la toile, une présence et une capacité d'être à la pointe de la communication et de l’information pour transformer le monde selon ses intérêts.
Cette nouvelle économie repose sur l’innovation technologique, le passage de plus en plus rapide de l’invention à son application industrielle, le raccourcissement du cycle du produit et la nécessité de s’adapter à la demande
Rappel des faits
La Silicon Valley est née des investissements militaires portés massivement après la Seconde Guerre mondiale sur la façade Pacifique pour la recherche-développement et les industries de l’armement. Ce sont les industries de défense dans les années 1950 qui donnèrent naissance aux circuits intégrés et composants informatiques dans les années 1960, les micro-ordinateurs dans les années 1970 puis l’Internet dans la décennie écoulée. Intel, Apple, Sun Microsystem, Yahoo, Oracle, Cisco etc sont nés de cette dynamique dont l’origine est la recherche-développement militaire.
Au sein de la NSF (National Science Foundation -1951) est constitué un bureau spécialisé dans les affaires militaires : l’ARPA (Advanced Research Project Agency - 1956) C’est l’ARPA qui invente le NET par la mise en réseau des ordinateurs de l’armée.
Le Pentagone et la Nasa sont les clefs de voûte du système de recherche fédéral. Ils tiennent les leviers de commande d’une bonne part de la RD militaire et civile. Le DOD (Departement of Defense) a pu recevoir jusqu’au 2/3 de l’enveloppe fédérale de recherche-développement au plus fort de la guerre froide. Plus de 100 milliards de dollars sont distribués annuellement depuis la période 1995 aux entreprises du complexe militaro-industriel pour renforcer les pôles d’excellence de Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grum ann etc..
Enfin c’est la CIA qui a eu récemment mission de la traque et de la dénonciation des pratiques économiques jugées illégales – piratage et espionnage industriel – mais aussi de l’information économique et technique avec la création du CIRC (Central Information Reference Collection). L’intelligence économique est considérée comme stratégique et relevant du militaire.
2. Les leçons à tirer pour l’ISL
L’ISL doit “réaliser une étroite coopération….afin de renforcer la défense commune“ - préambule des statuts-. La notion de défense a aujourd’hui évolué. La guerre économique est une réalité. Elle consiste à affirmer sa suprématie sur les techniques et les savoir-faire, d’obtenir une suprématie qui permette d’affirmer doucement sa puissance en permettant l’éviction de toute possibilité d’opposition. Lorsqu’un pays est dépendant des autres technologiquement, lorsque le différentiel de croissance et de développement devient un fossé puis un abîme, lorsque sa propre défense dépend des autres, ce pays ne pourra qu’accepter sa situation et se soumettre. La politique d’alignement deviendra une obligation et non plus un libre choix.
On peut difficilement extraire le militaire du civil mais surtout partir du militaire pour engager une démarche dans l’innovation civile est un atout puisque c’est le militaire qui permet aux EU la maîtrise du développement économique et technologique et donc la domination.
3. La dimension européenne et l’atout franco-allemand de l’ISL
Extraits du rapport Beffa
L’initiative que doit ainsi prendre le gouvernement français en faveur de l’innovation industrielle pourrait être commune à de nombreux pays de l’Union européenne. Il convient d’envisager dès à présent un cadre européen intergouvernemental pour cette nouvelle politique industrielle. Certains pays seraient susceptibles d’y trouver un intérêt particulier. Les programmes mobilisateurs pour l’innovation industrielle pourraient ainsi constituer un mode original de coopération européenne, notamment avec l’Allemagne, si leur sélection et leur financement se faisait conjointement par les deux pays.
Extrait du rapport Medef
La récente création d’une Agence pour l’Innovation Industrielle est à raisonner dans une dimension européenne. Cette agence fait d’ailleurs déjà l’objet de projets partagés avec l’Allemagne…
Il s’agit de trouver une dynamique de déploiement sur le marché à partir de projets industriels pilotés par les entreprises et partagés au niveau européen entre plusieurs acteurs de secteurs d’activités complémentaires afin de déboucher sur des innovations globales plus compétitives et à forte valeur ajoutée….
Il manque donc, en Europe, d’un dispositif pertinent pour amplifier le passage au marché et permettre à des innovations de structurer plus rapidement le marché européen…
Avec l’ISL, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle structure mais d’élargir les compétences de cette structure de recherche franco-allemande de défense aux nouveaux enjeux stratégiques.
4. L’ISL et l’Agence Européenne de Défense
L’Agence Européenne de Défense fonctionnera surtout comme une structure de coordination pour la recherche et les nouvelles technologies de l’armement. L’ISL devrait logiquement se voir confier des programmes de RD par l’Agence européenne de Défense. La synergie duale devrait donc être d’autant plus efficace si l’ISL remplissait également les missions d’Agence d’innovation pour la France et l’Allemagne.
Cette synergie duale devrait fonctionner dans les deux sens. Le fait d’être à l’écoute des nouvelles technologies dans l’innovation renforcera également la structure de recherche innovation en défense.
5. L’ISL et les PME , l’atout DGA
On reproche souvent à la recherche publique de défense de profiter surtout aux grands groupes industriels et d’ignorer les PME. C’est oublier que les grands groupes drainent un tissu de PME autour de leurs programmes innovants ; c’est oublier également du côté français le rôle de la DGA ;
La DGA s’emploie à mieux exploiter la source d’innovation technologique, de réactivité et de compétitivité que constituent les PME-PMI.
Outre les échanges menés dans le cadre des partenariats stratégiques (rencontres avec les syndicats professionnels et leurs branches PME-PMI) et des forums ouverts (carrefours DGA
– industries, journées « Science et Défense »), la DGA poursuit plusieurs actions pour renforcer les liens avec le tissu des PME-PMI :
- mesures d’accompagnement au niveau régional dans le cadre d’une convention passée entre le ministère de la défense et le secrétariat à l’industrie ;
- procédure de « propositions non sollicitées » qui fournit aux industriels l’opportunité de soumettre des projets scientifiquement et techniquement ambitieux, s’ils offrent des perspectives intéressantes pour la défense ;
- procédure d’ « appels à compétences sur projets » pour faciliter la participation des
PME-PMI aux actions de recherche du ministère en diffusant, notamment sur Internet, les thèmes d’études pour lesquels la DGA recherche des propositions.
Le financement des investissements prioritaires en infrastructures et en innovation en Europe : une opportunité pour une relance politique citoyenne ?
Par Jean-Jacques Bonnaud (Académie Européenne)-avril 2006.
Le rejet du projet de Constitution ne doit pas arrêter le processus de renforcement de l’Europe , à l’heure d’une accélération de la mondialisation économique et financière et de profondes remises en cause des rapports de force géopolitiques et militaires dans l’ensemble du monde. Cette réaction de défiance est largement attribuable à ce que l’on a pu appeler un déficit démocratique de la construction européenne .Elle est due également à l’extrême difficulté de parvenir rapidement à des décisions nécessaires dans un contexte institutionnel rigide et encombré par un nombre de partenaires en »élargissement » permanent, et aux intérêts de plus en plus difficiles à concilier.
Pour faire court, l’élargissement de l’Union Européenne a pour effet à la fois d’accélérer le développement économique des nouveaux adhérents et donc les besoins de modernisation de l’ensemble de leurs infrastructures. Il conduit également à la remise à plat de la géographie des réseaux, de transport en particulier, à l’échelle de l’ensemble du territoire de l’Union.
La mondialisation, de son coté, contraint l’ensemble des pays et des Etats qui les administrent à améliorer la compétitivité de leurs économies par l’innovation, l’élévation du niveau des compétences et de formation. Elle pose, de manière parfois spectaculaire et de mieux en mieux perçue par les opinions publiques, le problème de la sécurité de l’approvisionnement de l’Europe en énergie et en matières premières.
Ces raisons, mais aussi l’effet des changements respectifs de taille des grands « blocs » économiques qui se dessinent, ainsi que par les nouvelles menaces plus strictement militaires que font peser le terrorisme, la dissémination nucléaire et les troubles variés à la périphérie de l’Europe, font converger sur les pays d’Europe la nécessité d’assurer leur sécurité et leur avenir, voire leur survie comme ensembles autonomes, capables de préserver une certaine identité politique et culturelle.
Les opinions sont sensibles à cette nécessité et une partie de leur désarroi commun est lié au sentiment que le fonctionnement actuel de l’Union ne les garantit pas suffisamment contre ces nouveaux risques alors qu’elles sentent parfaitement que les Etats européens, pris isolément, ne sont plus pertinents.
Le problème est alors de rendre aux peuples d’Europe le minimum de confiance en eux par des mécanismes solidaires qu’ils sont encore prêts à accepter, pour faire en sorte que la mondialisation soit maîtrisée et apparaisse pour ce qu’elle peut parfaitement être, une opportunité de croissance et de bien-être, mais aussi d’affirmation de l’ensemble européen dans un rôle de stabilisateur au niveau mondial. Répondre vite est nécessaire et possible.
Les mécanismes d’aide ou d’incitation financière au niveau européen ne manquent pas, qu’il s’agisse des Fonds structurels, des crédits de recherche inscrits dans les P.C.R.D. quinquennaux, des prêts à long terme ou des interventions en capital-risque de la Banque européenne d’investissements (B.E.I.).
Le problème est double :
D’abord, ces interventions - financées par les Etats les plus riches au profits des Régions ou des Etats les plus pauvres - qui réalisent une vraie solidarité , ne sont pas perçues comme telles, du fait qu’elles passent par les budgets des Etats , puis par le budget de l’Union, dont la discussion donne lieu en public à de sordides marchandages qui détruisent dans l’opinion la conscience même de la solidarité qu’ils prétendent incarner ;
Par ailleurs, en faisant appel à des emprunts garantis sur les marchés financier d’un organisme peu connu du grand public comme la B.E.I., ces mécanismes sont par nature entourés du voile de technicité et d’anonymat qui caractérisent les opérations financières centralisées .En outre ils n’apportent qu’une partie des besoins d’investissements dont une Europe forte autonome et maîtresse de sa sécurité et de son indépendance aurait besoin.
Il faut donc augmenter les ressources disponibles pour des investissements à long terme et parfois risqués, diversifier les sources de financement (subvention, capital, emprunts)pour des raisons de sécurité et de lissage des coûts, et faire plus directement appel à des mécanismes « visibles » par le citoyen et plus participatifs.
Tel est l’objet du projet de « livret d’épargne européen. » étudié par l’Académie Européenne : le principe de l’affectation des ressources d’épargne liquide collectées à partir d’un livret d’épargne européen avec la garantie de liquidité de la puissance publique, comme en France, à des investissements à moyen ou long terme correspondants à des objectifs prioritaires de développement. Il s’agit de l’étendre à l’ensemble du territoire européen, si possible, mais de commencer par un certain nombre d’Etats volontaires.
Techniquement, cette transformation d’épargne courte en investissements longs peut s’organiser de plusieurs façons :
• l’épargne est collectée, puis canalisée vers l’investissement par une institution financière spécialisée, à l’instar de la Caisse des Dépôts française ;
• elle est collectée par tous les établissements financiers agréés par les pouvoirs publics ;
• les ressources ainsi collectées peuvent aussi être affectées aux investissements prioritaires par les établissements collecteurs( à l’instar des CODEVI français ou de l’épargne liquide collectée dans de nombreux pays d’Europe en général par l’intermédiaire de Caisses d’épargne ou de guichets postaux.).
Ainsi les épargnants européens pourraient-ils être sollicités en faveur d’un ensemble de projets identifiés et perceptibles et apporter un complément de ressources à long terme, à des taux qui devraient, à mesure que la hausse des taux d’intérêt à long terme se confirme, devenir économiquement intéressants et dans des conditions de durée plus satisfaisantes que les financements de marché actuels, entraînés dans une course infernale à des rentabilités trop élevées et toujours à plus court terme.
Le vrai problème n’est pas technique, mais d’une autre nature, plus politique :
.
1er. Tout d’abord, ce système ne pourrait être mis en place au niveau de 25 Etats qu’après des discussions interminables et aurait l’inconvénient de n’apporter un début de solution qu’après des délais incompatibles avec l’urgence de réaliser les investissements en question. Il convient donc de rassembler une sorte de « groupe pionnier » d’Etats volontaires pour démarrer ces projets, assez vite pour intéresser l’opinion, et pour qu’ils répondent à l’urgence prévisible de projets stratégiques (comme en matière d’approvisionnement énergétique).
2ème. Par ailleurs, il faut s’entendre sur les investissements prioritaires. Il convient bien sûr, étant donné le caractère d’épargne populaire garantie et donc privilégiée (éventuellement incitée fiscalement comme en France), de donner aux banques et établissements financiers, dispensateurs des aides ainsi procurées, des critères précis d’éligibilité. Certains de ces critères existent parfois déjà au niveau européen, telle la liste des projets « T.E.N. « (pour Trans European networks ) de la Commission européenne .En fait il faudrait idéalement que de telles listes existent avec des critères clairs, dans tous les domaines prioritaires. Sans prétendre préjuger de ce que pourrait être une politique européenne d’innovation et de développement énergétique et industriel, on peut d’ores et déjà suggérer, à titre d’illustration provisoire, quelques activités clairement prioritaires :
• les infrastructures de transports (comme le ferroutage ou encore les raccordements transfrontaliers)et de télécommunications (satellites) ;
• l’approvisionnement en énergie (stocks de sécurité, sécurité des routes maritime…) et le financement de la sécurité et de l’efficacité énergétique, y compris la diversification des sources d’énergie ;
• certains domaines de la recherche et de la technologie particulièrement nécessaires au développement industriel, vulnérables ou nécessaires à la sécurité militaire (bio- technologies, nano- technologies …) ;
• la création d’entreprises nouvelles et le développement d’entreprises moyennes innovantes (en mettant par exemple en place des « pôles de compétitivité » européens, à l’image de « clusters » européens ou des pôles de compétitivité français mis en place par le gouvernement Raffarin, qui présentent l’avantager de disposer de listes de projets déjà « labellisés »)
3ème. Enfin, quelle formule juridique trouver ? On peut penser, soit à un ou des accords de coopération renforcée, mais ils seraient assortis de conditions qui ralentiraient et dénatureraient le mouvement, soit à des traités d’Etat à Etat à 2 ou plusieurs Etats - du type du traité instituant la C.E.C.A. - ouverts à l’adhésion d’autres Etats, avec des géométries variables selon les thèmes.
Bien entendu, de nombreux problèmes pratiques subsistent qui n’ont pas toute leur place ici. Ils concernent la nationalité des bénéficiaires ou le retour de l’épargne collectée sur projets, les procédures de choix et de mise en œuvre (comité d’investissement pluri nationaux ou coordination avec ce qui existe déjà au niveau communautaire pour éviter les doubles emplois ).
Le moment pour une initiative que pourraient prendre quelques Etats est favorable : le sentiment d’urgence s’affirme dans l’opinion européenne, les taux longs remontent et les besoins se situent à long terme. Sur le plan technique, l’impossibilité de passer ensemble à une véritable harmonisation fiscale favorise la recherche par les grandes institutions financières européennes, avec l’appui du Parlement Européen, d’une gamme de produits financiers normalisée bénéficiant d’une sorte de « clause de la nation la plus favorisée (sur le plan fiscal) dans chaque pays (le 26ème régime). En France, la mise en cause par la communauté bancaire du « privilège » de la collecte des ressources garanties d’épargne liquide par les Caisse d’Epargne et la Poste, peut faciliter une opération de « banalisation » de cette collecte qui passerait peut-être d’autant mieux qu’elle serait une pièce fortement médiatisable d’un patriotisme économique européen bienvenu. - -
Il est clair en tout cas que l’ensemble de ces initiatives doivent apparaître et constituer en effet des exemples avancés de réalisations à généraliser ensuite au niveau communautaire et permettant aux européens de manifester concrètement leur attachement à un avenir commun de leur continent.
Le rejet du projet de Constitution ne doit pas arrêter le processus de renforcement de l’Europe , à l’heure d’une accélération de la mondialisation économique et financière et de profondes remises en cause des rapports de force géopolitiques et militaires dans l’ensemble du monde. Cette réaction de défiance est largement attribuable à ce que l’on a pu appeler un déficit démocratique de la construction européenne .Elle est due également à l’extrême difficulté de parvenir rapidement à des décisions nécessaires dans un contexte institutionnel rigide et encombré par un nombre de partenaires en »élargissement » permanent, et aux intérêts de plus en plus difficiles à concilier.
Pour faire court, l’élargissement de l’Union Européenne a pour effet à la fois d’accélérer le développement économique des nouveaux adhérents et donc les besoins de modernisation de l’ensemble de leurs infrastructures. Il conduit également à la remise à plat de la géographie des réseaux, de transport en particulier, à l’échelle de l’ensemble du territoire de l’Union.
La mondialisation, de son coté, contraint l’ensemble des pays et des Etats qui les administrent à améliorer la compétitivité de leurs économies par l’innovation, l’élévation du niveau des compétences et de formation. Elle pose, de manière parfois spectaculaire et de mieux en mieux perçue par les opinions publiques, le problème de la sécurité de l’approvisionnement de l’Europe en énergie et en matières premières.
Ces raisons, mais aussi l’effet des changements respectifs de taille des grands « blocs » économiques qui se dessinent, ainsi que par les nouvelles menaces plus strictement militaires que font peser le terrorisme, la dissémination nucléaire et les troubles variés à la périphérie de l’Europe, font converger sur les pays d’Europe la nécessité d’assurer leur sécurité et leur avenir, voire leur survie comme ensembles autonomes, capables de préserver une certaine identité politique et culturelle.
Les opinions sont sensibles à cette nécessité et une partie de leur désarroi commun est lié au sentiment que le fonctionnement actuel de l’Union ne les garantit pas suffisamment contre ces nouveaux risques alors qu’elles sentent parfaitement que les Etats européens, pris isolément, ne sont plus pertinents.
Le problème est alors de rendre aux peuples d’Europe le minimum de confiance en eux par des mécanismes solidaires qu’ils sont encore prêts à accepter, pour faire en sorte que la mondialisation soit maîtrisée et apparaisse pour ce qu’elle peut parfaitement être, une opportunité de croissance et de bien-être, mais aussi d’affirmation de l’ensemble européen dans un rôle de stabilisateur au niveau mondial. Répondre vite est nécessaire et possible.
Les mécanismes d’aide ou d’incitation financière au niveau européen ne manquent pas, qu’il s’agisse des Fonds structurels, des crédits de recherche inscrits dans les P.C.R.D. quinquennaux, des prêts à long terme ou des interventions en capital-risque de la Banque européenne d’investissements (B.E.I.).
Le problème est double :
D’abord, ces interventions - financées par les Etats les plus riches au profits des Régions ou des Etats les plus pauvres - qui réalisent une vraie solidarité , ne sont pas perçues comme telles, du fait qu’elles passent par les budgets des Etats , puis par le budget de l’Union, dont la discussion donne lieu en public à de sordides marchandages qui détruisent dans l’opinion la conscience même de la solidarité qu’ils prétendent incarner ;
Par ailleurs, en faisant appel à des emprunts garantis sur les marchés financier d’un organisme peu connu du grand public comme la B.E.I., ces mécanismes sont par nature entourés du voile de technicité et d’anonymat qui caractérisent les opérations financières centralisées .En outre ils n’apportent qu’une partie des besoins d’investissements dont une Europe forte autonome et maîtresse de sa sécurité et de son indépendance aurait besoin.
Il faut donc augmenter les ressources disponibles pour des investissements à long terme et parfois risqués, diversifier les sources de financement (subvention, capital, emprunts)pour des raisons de sécurité et de lissage des coûts, et faire plus directement appel à des mécanismes « visibles » par le citoyen et plus participatifs.
Tel est l’objet du projet de « livret d’épargne européen. » étudié par l’Académie Européenne : le principe de l’affectation des ressources d’épargne liquide collectées à partir d’un livret d’épargne européen avec la garantie de liquidité de la puissance publique, comme en France, à des investissements à moyen ou long terme correspondants à des objectifs prioritaires de développement. Il s’agit de l’étendre à l’ensemble du territoire européen, si possible, mais de commencer par un certain nombre d’Etats volontaires.
Techniquement, cette transformation d’épargne courte en investissements longs peut s’organiser de plusieurs façons :
• l’épargne est collectée, puis canalisée vers l’investissement par une institution financière spécialisée, à l’instar de la Caisse des Dépôts française ;
• elle est collectée par tous les établissements financiers agréés par les pouvoirs publics ;
• les ressources ainsi collectées peuvent aussi être affectées aux investissements prioritaires par les établissements collecteurs( à l’instar des CODEVI français ou de l’épargne liquide collectée dans de nombreux pays d’Europe en général par l’intermédiaire de Caisses d’épargne ou de guichets postaux.).
Ainsi les épargnants européens pourraient-ils être sollicités en faveur d’un ensemble de projets identifiés et perceptibles et apporter un complément de ressources à long terme, à des taux qui devraient, à mesure que la hausse des taux d’intérêt à long terme se confirme, devenir économiquement intéressants et dans des conditions de durée plus satisfaisantes que les financements de marché actuels, entraînés dans une course infernale à des rentabilités trop élevées et toujours à plus court terme.
Le vrai problème n’est pas technique, mais d’une autre nature, plus politique :
.
1er. Tout d’abord, ce système ne pourrait être mis en place au niveau de 25 Etats qu’après des discussions interminables et aurait l’inconvénient de n’apporter un début de solution qu’après des délais incompatibles avec l’urgence de réaliser les investissements en question. Il convient donc de rassembler une sorte de « groupe pionnier » d’Etats volontaires pour démarrer ces projets, assez vite pour intéresser l’opinion, et pour qu’ils répondent à l’urgence prévisible de projets stratégiques (comme en matière d’approvisionnement énergétique).
2ème. Par ailleurs, il faut s’entendre sur les investissements prioritaires. Il convient bien sûr, étant donné le caractère d’épargne populaire garantie et donc privilégiée (éventuellement incitée fiscalement comme en France), de donner aux banques et établissements financiers, dispensateurs des aides ainsi procurées, des critères précis d’éligibilité. Certains de ces critères existent parfois déjà au niveau européen, telle la liste des projets « T.E.N. « (pour Trans European networks ) de la Commission européenne .En fait il faudrait idéalement que de telles listes existent avec des critères clairs, dans tous les domaines prioritaires. Sans prétendre préjuger de ce que pourrait être une politique européenne d’innovation et de développement énergétique et industriel, on peut d’ores et déjà suggérer, à titre d’illustration provisoire, quelques activités clairement prioritaires :
• les infrastructures de transports (comme le ferroutage ou encore les raccordements transfrontaliers)et de télécommunications (satellites) ;
• l’approvisionnement en énergie (stocks de sécurité, sécurité des routes maritime…) et le financement de la sécurité et de l’efficacité énergétique, y compris la diversification des sources d’énergie ;
• certains domaines de la recherche et de la technologie particulièrement nécessaires au développement industriel, vulnérables ou nécessaires à la sécurité militaire (bio- technologies, nano- technologies …) ;
• la création d’entreprises nouvelles et le développement d’entreprises moyennes innovantes (en mettant par exemple en place des « pôles de compétitivité » européens, à l’image de « clusters » européens ou des pôles de compétitivité français mis en place par le gouvernement Raffarin, qui présentent l’avantager de disposer de listes de projets déjà « labellisés »)
3ème. Enfin, quelle formule juridique trouver ? On peut penser, soit à un ou des accords de coopération renforcée, mais ils seraient assortis de conditions qui ralentiraient et dénatureraient le mouvement, soit à des traités d’Etat à Etat à 2 ou plusieurs Etats - du type du traité instituant la C.E.C.A. - ouverts à l’adhésion d’autres Etats, avec des géométries variables selon les thèmes.
Bien entendu, de nombreux problèmes pratiques subsistent qui n’ont pas toute leur place ici. Ils concernent la nationalité des bénéficiaires ou le retour de l’épargne collectée sur projets, les procédures de choix et de mise en œuvre (comité d’investissement pluri nationaux ou coordination avec ce qui existe déjà au niveau communautaire pour éviter les doubles emplois ).
Le moment pour une initiative que pourraient prendre quelques Etats est favorable : le sentiment d’urgence s’affirme dans l’opinion européenne, les taux longs remontent et les besoins se situent à long terme. Sur le plan technique, l’impossibilité de passer ensemble à une véritable harmonisation fiscale favorise la recherche par les grandes institutions financières européennes, avec l’appui du Parlement Européen, d’une gamme de produits financiers normalisée bénéficiant d’une sorte de « clause de la nation la plus favorisée (sur le plan fiscal) dans chaque pays (le 26ème régime). En France, la mise en cause par la communauté bancaire du « privilège » de la collecte des ressources garanties d’épargne liquide par les Caisse d’Epargne et la Poste, peut faciliter une opération de « banalisation » de cette collecte qui passerait peut-être d’autant mieux qu’elle serait une pièce fortement médiatisable d’un patriotisme économique européen bienvenu. - -
Il est clair en tout cas que l’ensemble de ces initiatives doivent apparaître et constituer en effet des exemples avancés de réalisations à généraliser ensuite au niveau communautaire et permettant aux européens de manifester concrètement leur attachement à un avenir commun de leur continent.
L’Académie Européenne a promu dès 2002 le projet de Livret d’Epargne européen
Cette proposition est née dans un contexte qui nous semblait favorable de dynamique économique ciblée vers les projets stratégiques européens. Malgré nos interventions aux plans national et européen, malgré notre participation au Sommet de Lisbonne, nous ne sommes pas parvenus à concrétiser ce projet.
Plus que jamais, il reste d’actualité. L’environnement économique (une croissance en berne dans les grands pays européens comme la France, l’Allemagne et l’Italie), un manque de visibilité politique (on ne sait plus très bien si l’Europe est une communauté solidaire face au reste du monde ou un grand marché déstructurant les mécanismes de solidarité qui l’ont fondée) oblige à mettre en avant, à nouveau, cette initiative pour des raisons tant économiques que politiques.
Des raisons économiques : Le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé. Cette épargne demande à être canalisée, dans un contexte économique inquiétant, vers des projets stratégiques bi ou multi latéraux qui offrent un minimum de garantie qu’elle ne peut trouver dans la bourse ou dans la bulle immobilière. Sans un instrument de canalisation de l’épargne dans le développement économique à moyen et long terme, nos économies européennes vont perdurer dans la stagnation et la déflation, les épargnes vont se stériliser sans développement économique
Des raisons politiques : C’est un lieu commun de dire qu’aujourd’hui, l’Europe est en crise. La mise en place d’un instrument financier permettant aux Etats qui le souhaitent, parallèlement aux institutions européennes ou avec leur soutien, de mobiliser des moyens pour mettre en œuvre des politiques d’indépendance et de sécurité européennes, est une condition sine qua non de la survie de l’idée même d’Europe.
L’Europe doit montrer qu’en matière de sécurité énergétique, d’indépendance technologique, de sécurité et de souveraineté, elle apporte un plus par rapport à la dimension nationale pour faire face aux enjeux mondiaux..
Les Institutions européennes, telles qu’elles sont organisées actuellement sont malheureusement incapables de répondre aux défis actuels et risquent ainsi de décrédibiliser l’Europe par le rejet de ses pratiques économiques (ouverture mondiale primant sur le marché européen) sans impact, si ce n’est négatif, sur la vie quotidienne.
Des moyens financiers - on peut espérer 1% du PIB des pays partenaires à cette initiative - canalisés par un Livret d’Epargne européen, vers les projets (environnementaux, d’indépendance et de sécurité énergétique, de technologies) sont susceptibles de créer la croissance et l’emploi dont l’Europe a besoin, mais également d’affirmer une défense européenne dans un monde qui demande que l’Europe pèse sur les déséquilibres de puissance. Il s’agit de sauver l’idée européenne.
Dans une période de crise, il faut aller à l’essentiel. L’essentiel aujourd’hui est de se doter des moyens financiers qui permettent aux Etats qui le souhaitent de construire, sur la base d’une coopération mutuelle, l’Europe stratégique de l’indépendance technologique et politique.
Plus que jamais, il reste d’actualité. L’environnement économique (une croissance en berne dans les grands pays européens comme la France, l’Allemagne et l’Italie), un manque de visibilité politique (on ne sait plus très bien si l’Europe est une communauté solidaire face au reste du monde ou un grand marché déstructurant les mécanismes de solidarité qui l’ont fondée) oblige à mettre en avant, à nouveau, cette initiative pour des raisons tant économiques que politiques.
Des raisons économiques : Le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé. Cette épargne demande à être canalisée, dans un contexte économique inquiétant, vers des projets stratégiques bi ou multi latéraux qui offrent un minimum de garantie qu’elle ne peut trouver dans la bourse ou dans la bulle immobilière. Sans un instrument de canalisation de l’épargne dans le développement économique à moyen et long terme, nos économies européennes vont perdurer dans la stagnation et la déflation, les épargnes vont se stériliser sans développement économique
Des raisons politiques : C’est un lieu commun de dire qu’aujourd’hui, l’Europe est en crise. La mise en place d’un instrument financier permettant aux Etats qui le souhaitent, parallèlement aux institutions européennes ou avec leur soutien, de mobiliser des moyens pour mettre en œuvre des politiques d’indépendance et de sécurité européennes, est une condition sine qua non de la survie de l’idée même d’Europe.
L’Europe doit montrer qu’en matière de sécurité énergétique, d’indépendance technologique, de sécurité et de souveraineté, elle apporte un plus par rapport à la dimension nationale pour faire face aux enjeux mondiaux..
Les Institutions européennes, telles qu’elles sont organisées actuellement sont malheureusement incapables de répondre aux défis actuels et risquent ainsi de décrédibiliser l’Europe par le rejet de ses pratiques économiques (ouverture mondiale primant sur le marché européen) sans impact, si ce n’est négatif, sur la vie quotidienne.
Des moyens financiers - on peut espérer 1% du PIB des pays partenaires à cette initiative - canalisés par un Livret d’Epargne européen, vers les projets (environnementaux, d’indépendance et de sécurité énergétique, de technologies) sont susceptibles de créer la croissance et l’emploi dont l’Europe a besoin, mais également d’affirmer une défense européenne dans un monde qui demande que l’Europe pèse sur les déséquilibres de puissance. Il s’agit de sauver l’idée européenne.
Dans une période de crise, il faut aller à l’essentiel. L’essentiel aujourd’hui est de se doter des moyens financiers qui permettent aux Etats qui le souhaitent de construire, sur la base d’une coopération mutuelle, l’Europe stratégique de l’indépendance technologique et politique.
Livret d’épargne européen, l'avis de Jean-Pierre Ménanteau
Jean-Pierre Ménanteau : « Le Livret d’épargne européen permettrait de resserrer les liens entre l’ensemble des acteurs financiers qui, en Europe, exercent, des missions d’intérêt général, à l’image de la CDC française, »
Sans préjuger de la forme qu’il devrait prendre, que pensez-vous de l’idée de lancer un livret d’épargne européen ?
Je pense qu’il faut replacer cette proposition dans le contexte plus large de l’Europe de la finance. Il faut d’abord souligner que la construction européenne est encore très inachevée dans le domaine financier et qu’elle n’a pas, en la matière, de traduction tangible pour les citoyens européens. Chaque pays européen a son propre système financier. Bien entendu, ces systèmes communiquent entre eux par grands systèmes de paiement, mais les produits financiers restent spécifiques, du moins en ce qui concerne les produits dédiés aux particuliers. Cette situation distingue le secteur financier des autres industries européennes, dans lesquelles les produits sont conçus à l’échelle du marché européen, et constitue une faiblesse par rapport à nos concurrents nord-américains. Afin de combler cette lacune les institutions financières européennes travaillent actuellement à la mise au point de produits financiers normalisés bénéficiant, au plan fiscal, d’une clause de la nation la plus favorisée.
On peut cependant douter que ces produits financiers normalisés suffisent à insuffler une nouvelle conscience européenne…
Certes ! D’autant qu’il existe aussi, dans ce processus de construction du volet financier de l’Europe, de graves écueils à éviter pour ne pas susciter le rejet des citoyens. À cet égard, il faut absolument que l’Europe offre des garanties quant à l’accès aux services de base. Si des millions d’Européens se retrouvent demain exclus des services bancaires de base, alors l’Europe s’exposera à une grave crise de légitimité. Enfin, il convient que cette Europe de la finance ne s’élabore pas seulement sur des logiques de rentabilités concurrentielles, mais qu’elle crée, à l’échelle européenne, un système permettant de mobiliser l’épargne privée au service de projets d’intérêt général, à l’image de ce qui existe en France avec le Livret A. C’est tout l’objet du projet de Livret d’épargne européen auquel je suis favorable pour deux raisons : d’abord parce que c’est un instrument citoyen qui permettrait de relier les citoyens de l’Union par l’économie et la finance, ensuite parce qu’il apporterait un financement bienvenu à des projets européens d’intérêt général.
Vous avez cité l’exemple du Livret A. Ne craignez-vous pas, justement, que nos partenaires voient dans cette idée une volonté française de faire prévaloir leur modèle ?
Toutes les initiatives européennes exigent du tact et de la diplomatie et les exemples sont nombreux de projets qui n’ont pas abouti à cause de l’arrogance de leurs promoteurs. Cependant, en l’espèce, je ne crois pas que cette proposition puisse être mal interprétée, tout simplement parce que le modèle de la CDC n’est pas une exclusivité française ! La quasi-totalité de nos partenaires disposent de leurs propres acteurs financiers exerçant des missions d’intérêt général : l’Allemagne avec le Kreditantstalt für Wieberaufblau (KfW), l’Espagne avec l’Instituto de Crédito Oficial (ICO), l’Italie avec la Cassa Depositi et Prestiti (CDP), la Grande-Bretagne avec la Commenwealth Developement Corporation (CDC), l’Irlande avec le Pobal, etc. (voir carte ci-contre) Le principe de mobilisation de l’épargne à des fins d’intérêt général est donc commun à toute l’Europe. Le projet de Livret d’épargne européen ne part donc pas de rien. Il s’appuie sur des pratiques, des expériences et un savoir faire que l’on peut qualifier de commun, même si, bien entendu, les modalités d’actions sont différentes d’un pays à l’autre. Ma conviction profonde est que ces divers acteurs nationaux ont intérêt à coopérer ensemble et que le projet de Livret d’épargne européen peut être le catalyseur de cette nécessaire coopération.
Selon vous, quelles devraient être les modalités techniques, juridiques, organisationnelles de ce Livret d’épargne européen ?
Je pense qu’il est trop tôt pour répondre à cette question, non pas parce que la mise en œuvre d’un livret d’épargne européen serait extrêmement complexe, mais parce qu’il y a une multitude de modalités possibles. Il faut être très clair : quant on est capable de faire Airbus, on est nécessairement capable de mettre sur pied une sorte de livret A européen, parce que construire ensemble un avion exige une ingénierie infiniment plus complexe ! Sans préjuger d’autres modes de fonctionnement et de gouvernance, je pense qu’il suffirait, pour commencer, que chaque État désigne une institution pour constituer un tour de table auquel on pourrait associer la BEI, afin de créer des synergies. Bien entendu, les institutions comme la CDC françaises ou le KfW allemand paraissent parfaitement qualifiés pour remplir ce rôle. Mais ce n’est là qu’une piste…
Quelle est l’attitude de l’Europe à l’égard des institutions comme la CDC et ses homologues européennes ?
Certains ont contesté, auprès des institutions européennes, l’avantage fiscal dont elles jouissent en avançant que cela générait une distorsion de concurrence, mais l’argument n’est pas convaincant car la contrepartie de cet avantage est l’exercice de missions d’intérêt général. Un autre point est contesté : celui du duopole de collecte dont jouissent les caisses d’épargne et La Poste… Mais, concernant l’avenir de la CDC et de ses homologues, la question cruciale à poser est celle de la place des États et des modalités de l’action publique en matière financière : souhaite-t-on limiter leurs interventions aux seules subventions ? Si l’on répond par la négative, si l’on estime que les États doivent également pouvoir intervenir par le biais de prêts et de garanties, alors il semble plus efficace et plus sain qu’ils en délèguent l’exécution à des institutions professionnelles de la finance comme la CDC et ses homologues. Cela est également valable à l’échelle européenne.
Propos recueillis par Christophe Blanc
Sans préjuger de la forme qu’il devrait prendre, que pensez-vous de l’idée de lancer un livret d’épargne européen ?
Je pense qu’il faut replacer cette proposition dans le contexte plus large de l’Europe de la finance. Il faut d’abord souligner que la construction européenne est encore très inachevée dans le domaine financier et qu’elle n’a pas, en la matière, de traduction tangible pour les citoyens européens. Chaque pays européen a son propre système financier. Bien entendu, ces systèmes communiquent entre eux par grands systèmes de paiement, mais les produits financiers restent spécifiques, du moins en ce qui concerne les produits dédiés aux particuliers. Cette situation distingue le secteur financier des autres industries européennes, dans lesquelles les produits sont conçus à l’échelle du marché européen, et constitue une faiblesse par rapport à nos concurrents nord-américains. Afin de combler cette lacune les institutions financières européennes travaillent actuellement à la mise au point de produits financiers normalisés bénéficiant, au plan fiscal, d’une clause de la nation la plus favorisée.
On peut cependant douter que ces produits financiers normalisés suffisent à insuffler une nouvelle conscience européenne…
Certes ! D’autant qu’il existe aussi, dans ce processus de construction du volet financier de l’Europe, de graves écueils à éviter pour ne pas susciter le rejet des citoyens. À cet égard, il faut absolument que l’Europe offre des garanties quant à l’accès aux services de base. Si des millions d’Européens se retrouvent demain exclus des services bancaires de base, alors l’Europe s’exposera à une grave crise de légitimité. Enfin, il convient que cette Europe de la finance ne s’élabore pas seulement sur des logiques de rentabilités concurrentielles, mais qu’elle crée, à l’échelle européenne, un système permettant de mobiliser l’épargne privée au service de projets d’intérêt général, à l’image de ce qui existe en France avec le Livret A. C’est tout l’objet du projet de Livret d’épargne européen auquel je suis favorable pour deux raisons : d’abord parce que c’est un instrument citoyen qui permettrait de relier les citoyens de l’Union par l’économie et la finance, ensuite parce qu’il apporterait un financement bienvenu à des projets européens d’intérêt général.
Vous avez cité l’exemple du Livret A. Ne craignez-vous pas, justement, que nos partenaires voient dans cette idée une volonté française de faire prévaloir leur modèle ?
Toutes les initiatives européennes exigent du tact et de la diplomatie et les exemples sont nombreux de projets qui n’ont pas abouti à cause de l’arrogance de leurs promoteurs. Cependant, en l’espèce, je ne crois pas que cette proposition puisse être mal interprétée, tout simplement parce que le modèle de la CDC n’est pas une exclusivité française ! La quasi-totalité de nos partenaires disposent de leurs propres acteurs financiers exerçant des missions d’intérêt général : l’Allemagne avec le Kreditantstalt für Wieberaufblau (KfW), l’Espagne avec l’Instituto de Crédito Oficial (ICO), l’Italie avec la Cassa Depositi et Prestiti (CDP), la Grande-Bretagne avec la Commenwealth Developement Corporation (CDC), l’Irlande avec le Pobal, etc. (voir carte ci-contre) Le principe de mobilisation de l’épargne à des fins d’intérêt général est donc commun à toute l’Europe. Le projet de Livret d’épargne européen ne part donc pas de rien. Il s’appuie sur des pratiques, des expériences et un savoir faire que l’on peut qualifier de commun, même si, bien entendu, les modalités d’actions sont différentes d’un pays à l’autre. Ma conviction profonde est que ces divers acteurs nationaux ont intérêt à coopérer ensemble et que le projet de Livret d’épargne européen peut être le catalyseur de cette nécessaire coopération.
Selon vous, quelles devraient être les modalités techniques, juridiques, organisationnelles de ce Livret d’épargne européen ?
Je pense qu’il est trop tôt pour répondre à cette question, non pas parce que la mise en œuvre d’un livret d’épargne européen serait extrêmement complexe, mais parce qu’il y a une multitude de modalités possibles. Il faut être très clair : quant on est capable de faire Airbus, on est nécessairement capable de mettre sur pied une sorte de livret A européen, parce que construire ensemble un avion exige une ingénierie infiniment plus complexe ! Sans préjuger d’autres modes de fonctionnement et de gouvernance, je pense qu’il suffirait, pour commencer, que chaque État désigne une institution pour constituer un tour de table auquel on pourrait associer la BEI, afin de créer des synergies. Bien entendu, les institutions comme la CDC françaises ou le KfW allemand paraissent parfaitement qualifiés pour remplir ce rôle. Mais ce n’est là qu’une piste…
Quelle est l’attitude de l’Europe à l’égard des institutions comme la CDC et ses homologues européennes ?
Certains ont contesté, auprès des institutions européennes, l’avantage fiscal dont elles jouissent en avançant que cela générait une distorsion de concurrence, mais l’argument n’est pas convaincant car la contrepartie de cet avantage est l’exercice de missions d’intérêt général. Un autre point est contesté : celui du duopole de collecte dont jouissent les caisses d’épargne et La Poste… Mais, concernant l’avenir de la CDC et de ses homologues, la question cruciale à poser est celle de la place des États et des modalités de l’action publique en matière financière : souhaite-t-on limiter leurs interventions aux seules subventions ? Si l’on répond par la négative, si l’on estime que les États doivent également pouvoir intervenir par le biais de prêts et de garanties, alors il semble plus efficace et plus sain qu’ils en délèguent l’exécution à des institutions professionnelles de la finance comme la CDC et ses homologues. Cela est également valable à l’échelle européenne.
Propos recueillis par Christophe Blanc
Pour un livret d’épargne européen
Le point de vue d’Etienne PFLIMLIN, Président du Crédit Mutuel
Les enjeux de la création d’un livret d’épargne européen
Au-delà de sa monnaie commune, l’Europe manque souvent de contenu concret pour ses citoyens. C’est notamment le cas de la banque de détail : produits, fiscalité, règles de protection du consommateur sont différents d’un pays à l’autre.
Un livret d’épargne européen accessible à tous dans les mêmes conditions serait un premier pas concret vers une véritable Europe bancaire et un symbole fort, comme l’est l’euro dans le domaine des paiements.
Le sujet est complexe car il est intimement relié à des prérogatives, notamment fiscales que les Etats ne souhaitent pas abandonner. C’est ainsi d’ailleurs que, faute d’accord, est née la « fameuse » idée du 26ème régime, commun aux 25 pays de l’Union, un peu comme le statut de la société coopérative européenne vient compléter les différentes formes juridiques nationales de coopératives. Et pour donner un sens concret à ce 26ème régime, quoi de mieux que de créer un produit d’épargne européen, qui transcende lui aussi les frontières nationales et fonctionne avec ses règles propres, notamment dans la zone euro.
Affecté au financement de grands projets européens, ce livret serait une façon d’associer les citoyens européens dans les stratégies et les ambitions de l’Union.
Les caractéristiques d’un livret d’épargne européen
Ce livret européen présente des caractéristiques identiques quel que soit le pays où il est souscrit : mêmes plancher et plafond de dépôts, même taux de rémunération, même fiscalité, mêmes garanties.
Il peut accueillir des dépôts à partir d’un certain montant, sans que celui-ci soit trop élevé au point de rebuter les épargnants européens à qui il serait proposé comme un produit citoyen : 500 euros par exemple.
Pour que les épargnants européens soient sensibles à ce côté citoyen, le livret doit être affecté à des projets qui les concernent, voire touchent une fibre sensible, qu’il s’agisse d’innovation ou de solidarité.
Il faut également que le taux d’intérêt servi soit à la fois raisonnable (pour pouvoir financer ces projets) et suffisamment attractif pour l’épargnant, assorti éventuellement de la part des Etats membres d’un avantage fiscal - qui existe dans plusieurs pays pour des produits d’épargne.
Compte tenu de l’emploi des fonds investis à long terme dans des projets dont la rentabilité peut être elle aussi à long terme, cette épargne doit bénéficier d’une garantie totale. Et celle-ci ne peut être assurée que par les Etats membres, la Commission européenne n’ayant pas la capacité juridique à prendre de tels engagements.
Les projets financés doivent être suffisamment rentables pour rembourser les fonds empruntés.
La sagesse commande d’ailleurs d’associer ces fonds avec d’autres capitaux privés et/ou publics nationaux.
La nature de ces emplois et le circuit des fonds, de l’épargnant au bénéficiaire, doivent également être clairement définis.
« Last, but not least », ce livret doit respecter les règles de non distorsion de concurrence et pouvoir être distribué par tous les établissements bancaires européens qui le souhaitent avec des conditions uniformes de rémunération des réseaux distributeurs.
Banque mutualiste pour le financement de projets d’intérêt général, le Crédit Mutuel accueille favorablement un tel projet de livret européen qui met l’épargne des Européens au service de projets porteurs d’un avenir commun.
Les enjeux de la création d’un livret d’épargne européen
Au-delà de sa monnaie commune, l’Europe manque souvent de contenu concret pour ses citoyens. C’est notamment le cas de la banque de détail : produits, fiscalité, règles de protection du consommateur sont différents d’un pays à l’autre.
Un livret d’épargne européen accessible à tous dans les mêmes conditions serait un premier pas concret vers une véritable Europe bancaire et un symbole fort, comme l’est l’euro dans le domaine des paiements.
Le sujet est complexe car il est intimement relié à des prérogatives, notamment fiscales que les Etats ne souhaitent pas abandonner. C’est ainsi d’ailleurs que, faute d’accord, est née la « fameuse » idée du 26ème régime, commun aux 25 pays de l’Union, un peu comme le statut de la société coopérative européenne vient compléter les différentes formes juridiques nationales de coopératives. Et pour donner un sens concret à ce 26ème régime, quoi de mieux que de créer un produit d’épargne européen, qui transcende lui aussi les frontières nationales et fonctionne avec ses règles propres, notamment dans la zone euro.
Affecté au financement de grands projets européens, ce livret serait une façon d’associer les citoyens européens dans les stratégies et les ambitions de l’Union.
Les caractéristiques d’un livret d’épargne européen
Ce livret européen présente des caractéristiques identiques quel que soit le pays où il est souscrit : mêmes plancher et plafond de dépôts, même taux de rémunération, même fiscalité, mêmes garanties.
Il peut accueillir des dépôts à partir d’un certain montant, sans que celui-ci soit trop élevé au point de rebuter les épargnants européens à qui il serait proposé comme un produit citoyen : 500 euros par exemple.
Pour que les épargnants européens soient sensibles à ce côté citoyen, le livret doit être affecté à des projets qui les concernent, voire touchent une fibre sensible, qu’il s’agisse d’innovation ou de solidarité.
Il faut également que le taux d’intérêt servi soit à la fois raisonnable (pour pouvoir financer ces projets) et suffisamment attractif pour l’épargnant, assorti éventuellement de la part des Etats membres d’un avantage fiscal - qui existe dans plusieurs pays pour des produits d’épargne.
Compte tenu de l’emploi des fonds investis à long terme dans des projets dont la rentabilité peut être elle aussi à long terme, cette épargne doit bénéficier d’une garantie totale. Et celle-ci ne peut être assurée que par les Etats membres, la Commission européenne n’ayant pas la capacité juridique à prendre de tels engagements.
Les projets financés doivent être suffisamment rentables pour rembourser les fonds empruntés.
La sagesse commande d’ailleurs d’associer ces fonds avec d’autres capitaux privés et/ou publics nationaux.
La nature de ces emplois et le circuit des fonds, de l’épargnant au bénéficiaire, doivent également être clairement définis.
« Last, but not least », ce livret doit respecter les règles de non distorsion de concurrence et pouvoir être distribué par tous les établissements bancaires européens qui le souhaitent avec des conditions uniformes de rémunération des réseaux distributeurs.
Banque mutualiste pour le financement de projets d’intérêt général, le Crédit Mutuel accueille favorablement un tel projet de livret européen qui met l’épargne des Européens au service de projets porteurs d’un avenir commun.
samedi 6 janvier 2007
Une nouvelle politique européenne pour Strasbourg
L’Europe des institutions va mal mais heureusement les citoyens européens veulent toujours l’Europe ! À 80%, ils sont pour l’Europe de la Défense, à 75% pour l’Europe de l’Agriculture et ils sont évidemment pour l’Europe des grands projets – Transport, Energie, Satellites. Les institutions sont-elles encore en phase avec ces attentes ?
A l’origine, l’Europe est une communauté. Une communauté a des frontières ; elle se reconnaît dans une culture commune ; le principe de solidarité dans ses frontières prime sur le grand marché mondial.
Aujourd’hui l’Europe ne définit plus ses frontières –avec la Turquie, elles sont en Irak ou aux frontières de la démocratie ! Elle renie sa culture chrétienne, un fait pour les historiens. Le libéralisme et le mondialisme sont devenus son nouveau credo. 92% de la production de l’Union sont cependant consommés dans l’Union.
Ce crédo libéral et mondial casse également le pacte social… L’ouvrier européen doit s’aligner sur les plus bas salaires mondiaux ; les patrons, sur les plus hauts !
L’Europe de la Défense : le Parlement européen vient de s’opposer à la préférence européenne, préférence pourtant affirmée par les Parlements nationaux et par l’Assemblée parlementaire de l’Union de l’Europe Occidentale seul organisme parlementaire légitime en matière de défense ! 80% de nos nouvelles technologies et donc de nos emplois de demain dépendent de près ou de loin, chez nous comme aux Etats-Unis, des technologies militaires. Le Parlement européen veut-il ainsi saper notre base industrielle et technologique et les emplois qualifiés du futur ? Les américains affichent le libre échange mais ne le pratiquent pas. Pour leurs affaires stratégiques, ils ont l’American Buy Act l’obligation d’acheter US mais l’Europe par la voix de son Parlement se refuse à l’European Buy Act ! Est-ce raisonnable ?
La politique agricole : les technocrates de Bruxelles et des responsables politiques nous préparent déjà l’abandon de cette politique garantissant des revenus pour un coût très modeste– le coût de notre aide au développement. On va jusqu’à nous faire croire que le monde est affamé à cause de la PAC ! Aujourd’hui sur 1.34 milliards d’actifs agricoles, on ne compte dans le monde que 28 millions de tracteurs – 2% de ces actifs et 250 millions d’animaux, 17% de ces actifs. Le libre échange mettrait ainsi en concurrence des rapports de productivité de 1 à 1000 entre actifs et obligerait la majorité des actifs écrasés par cette concurrence à venir croupir dans des taudis urbains en attendant une aide alimentaire qui ne viendra pas. La quantité de nourriture nécessaire pour subvenir aux besoins nutritionnels insatisfaits demande déjà aujourd’hui 100X l’actuelle aide alimentaire.
Au contraire, à l’image de l’Europe, il faut établir des grands marchés communs agricoles régionaux et soutenir des exportations ciblées pour ne pas détruire ces équilibres régionaux.
L’Europe des grands travaux : elle est abandonnée faute de moyens, les critères de Lisbonne en matière de recherche-développement ne seront pas atteints.
Heureusement une autre Europe est possible ! Celles des Pères fondateurs et de la Communauté retrouvée, celles des citoyens et des pays qui veulent l’Europe politique !
Avec le livret d’Epargne Européen, nous canaliserons le taux d’épargne élevé des citoyens européens vers les grands projets d’avenir ; avec l’Institut franco-allemand de recherche élargi à d’autres pays nous nous doterons de l’instrument européen d’indépendance technologique qui préparera les emplois de demain. Nous construirons l’Europe continentale indépendante énergétiquement avec la Russie et cette Europe là, la vraie, redonnera son sens aux institutions. C’est toute l’ambition de l’Alsace car cette Europe-là nous la portons dans notre chair ! Nous ne pouvons laisser le projet européen s’abîmer !
A l’origine, l’Europe est une communauté. Une communauté a des frontières ; elle se reconnaît dans une culture commune ; le principe de solidarité dans ses frontières prime sur le grand marché mondial.
Aujourd’hui l’Europe ne définit plus ses frontières –avec la Turquie, elles sont en Irak ou aux frontières de la démocratie ! Elle renie sa culture chrétienne, un fait pour les historiens. Le libéralisme et le mondialisme sont devenus son nouveau credo. 92% de la production de l’Union sont cependant consommés dans l’Union.
Ce crédo libéral et mondial casse également le pacte social… L’ouvrier européen doit s’aligner sur les plus bas salaires mondiaux ; les patrons, sur les plus hauts !
L’Europe de la Défense : le Parlement européen vient de s’opposer à la préférence européenne, préférence pourtant affirmée par les Parlements nationaux et par l’Assemblée parlementaire de l’Union de l’Europe Occidentale seul organisme parlementaire légitime en matière de défense ! 80% de nos nouvelles technologies et donc de nos emplois de demain dépendent de près ou de loin, chez nous comme aux Etats-Unis, des technologies militaires. Le Parlement européen veut-il ainsi saper notre base industrielle et technologique et les emplois qualifiés du futur ? Les américains affichent le libre échange mais ne le pratiquent pas. Pour leurs affaires stratégiques, ils ont l’American Buy Act l’obligation d’acheter US mais l’Europe par la voix de son Parlement se refuse à l’European Buy Act ! Est-ce raisonnable ?
La politique agricole : les technocrates de Bruxelles et des responsables politiques nous préparent déjà l’abandon de cette politique garantissant des revenus pour un coût très modeste– le coût de notre aide au développement. On va jusqu’à nous faire croire que le monde est affamé à cause de la PAC ! Aujourd’hui sur 1.34 milliards d’actifs agricoles, on ne compte dans le monde que 28 millions de tracteurs – 2% de ces actifs et 250 millions d’animaux, 17% de ces actifs. Le libre échange mettrait ainsi en concurrence des rapports de productivité de 1 à 1000 entre actifs et obligerait la majorité des actifs écrasés par cette concurrence à venir croupir dans des taudis urbains en attendant une aide alimentaire qui ne viendra pas. La quantité de nourriture nécessaire pour subvenir aux besoins nutritionnels insatisfaits demande déjà aujourd’hui 100X l’actuelle aide alimentaire.
Au contraire, à l’image de l’Europe, il faut établir des grands marchés communs agricoles régionaux et soutenir des exportations ciblées pour ne pas détruire ces équilibres régionaux.
L’Europe des grands travaux : elle est abandonnée faute de moyens, les critères de Lisbonne en matière de recherche-développement ne seront pas atteints.
Heureusement une autre Europe est possible ! Celles des Pères fondateurs et de la Communauté retrouvée, celles des citoyens et des pays qui veulent l’Europe politique !
Avec le livret d’Epargne Européen, nous canaliserons le taux d’épargne élevé des citoyens européens vers les grands projets d’avenir ; avec l’Institut franco-allemand de recherche élargi à d’autres pays nous nous doterons de l’instrument européen d’indépendance technologique qui préparera les emplois de demain. Nous construirons l’Europe continentale indépendante énergétiquement avec la Russie et cette Europe là, la vraie, redonnera son sens aux institutions. C’est toute l’ambition de l’Alsace car cette Europe-là nous la portons dans notre chair ! Nous ne pouvons laisser le projet européen s’abîmer !
Pour une vraie politique énergétique, en Alsace et à Strasbourg
En 1978, le Président de la Région Alsace, Pierre Schiele, commandait une étude à une équipe de scientifiques rassemblée dans l’association Léonard Baldner que jeune écolo je présidais. Il s’agissait d’évaluer secteur par secteur, (industrie, tertiaire, agriculture, habitat, transport) les actuels besoins et les ressources possibles d’énergies locales. Grâce à l’énergie hydraulique le long du Rhin, aux microcentrales au fil de l’eau, à la biomasse issue d’une situation forestière privilégiée, à la géothermie mais aussi à l’énergie solaire et aux économies d’énergie, l’Alsace pouvait aborder les crises énergétiques du troisième millénaire.
En 1981, responsable du premier service Régional de l’Energie, avec la Commission Energie du Conseil Régional présidée par Pierre Schiele, nous lancions un débat régional mobilisant toute l’Alsace pendant six mois. Nous étions les premiers à entamer un tel débat en France ; les premiers à formuler une politique régionale énergétique et à la contractualiser avec l’Etat et les opérateurs énergétiques : EDF, GDF, les charbonnages de France, les Banques pour le financement ; bref les premiers à penser décentralisation énergétique dans le cadre d’une politique régionale. L’exemplarité alsacienne était promue : l’autonomie dans l’architecture solaire, la recherche sur les nouvelles technologies avec notre CNRS, la géothermie avec ses explorations et échecs, la biomasse pour le chauffage rural, le carburant vert pour le transport, l’utilisation des cycles combinés force-chaleur pour l’habitat urbain. Pierre Weisenhorn, député d’Altkirch, proposait une loi sur l’utilisation de la chaleur rejetée par les centrales d’EDF. Le Fonds régional de l’Energie était lancé avec comme mission le financement de ces exemplarités et l’investissement dans l’économie d’énergie.
Notre politique n’était pas à la hauteur de nos ambitions. La décentralisation débutait, la crise énergétique et ses sursauts s’éloignaient déjà... Des critiques s’exprimaient sur le thème de l’absurdité de subventionner des économies ; l’Energie, c’est l’Etat. En 1986, je quittais cette responsabilité avec mon meilleur collaborateur. C’était une mise à l’écart pour m’occuper des “nègres“ me dit le Directeur des Services car à titre personnel je militais pour la coopération décentralisée. Ce fut alors un autre challenge pour le développement durable, entre les peuples cette fois.
Vingt ans après où en sommes-nous d’une politique ambitieuse dans l’efficacité énergétique ?
La Région a plus que doublé financièrement ses efforts des années 1980 – presque trois millions d’euros par an mais, il faut le dire, le saupoudrage de subventions a fait son temps. La Région doit changer de braquet et promouvoir de véritables solutions énergétiques pour demain. Pour cela, il lui faut :
1. Etudier secteur par secteur les substitutions aux énergies fossiles - gaz et pétrole- pour les quinze années à venir dans un plan énergétique régional et lancer, à nouveau, sur ces bases un vaste débat énergétique avec les acteurs de ce débat pour des solutions régionales ;
2. Lancer un label alsacien de développement durable avec les associations de consommateurs et obliger les promoteurs immobiliers (habitat collectif, individuel ; tertiaire) à s’y tenir compte par la pression du consommateur et des pouvoirs locaux – publicité des bons élèves, dénonciation des mauvais ;
3. Donner l’exemple par ses pratiques (rien n’a été fait à l’Hôtel des départements et de la Région pour les énergies nouvelles, rien au Parlement Européen) promouvoir dans toutes les villes des programmes “énergies nouvelles“ dans l’habitat social ;
4. Lancer des petits réseaux de chaleur avec chaufferie au bois dans les Vosges et obliger EDF en Alsace à vendre la chaleur jetée pour le refroidissement des réacteurs dans un réseau alimentant Mulhouse et Colmar, ainsi que les villes du long du Rhin ;
5. Promouvoir avec les Agriculteurs des unités de pétrole vert pour rendre autonome l’agriculture, moins énergivore et plus qualitative ;
6. Lancer avec la Caisse de Dépôt un Fonds d’un milliard d’Euros remboursable sur vingt ans pour financer ces opérations où la Région devient directement opérateur avec des partenaires privés. C’est la nouvelle échelle des besoins.
Alors : que faire ?
La disparité Nord-Sud, et donc l’immigration de pauvreté, est une bombe à retardement si elle ne s’accompagne pas de notre propre dynamisme créateur. Sachons réinventer un modèle social et économique qui intègre et qui développe, le Nord comme le Sud, les deux peuvent aller de pair, en donnant du pouvoir et de la responsabilité à ceux qui veulent aller de l’avant et osent proposer des solutions. Ces solutions ne passent pas, il faut le dire, par l’individualisme et le libéralisme non organisé mettant le monde en concurrence et en conflit d’intérêts mais pas la coopération, des échanges équilibrés, la réciprocité dans le respect, le respect de nos valeurs également : que chaque collectivité du Nord soit jumelée par exemple avec une collectivité du Sud, dans un tel cadre.
Ayons confiance dans notre propre civilisation judéo-chrétienne - qu’on refuse même de nommer alors qu’on fait appel à l’islam pour calmer la violence chez nous - sachons retrouver nos valeurs de vérité, de liberté, de solidarité, d’égalité et de la peur actuelle – venant de nos racines oubliées ou reniées et donc de notre perte de confiance en nous-mêmes – émergera, j’en suis sûr, l’énergie créatrice qui nous permettra d’inventer des solutions aux problèmes de notre temps. Nos racines retrouvées nous redonneront ces ailes dont nous manquons cruellement !
La flambée des banlieues était prévisible
La politique consistait effectivement à l’anticiper pour l’éviter. Elle est en grande partie liée à l’immigration car l’intégration dans une société du Nord sans démographie et sans croissance, recroquevillée sur ses acquis et qui en outre perd ses repères – quand son élite a honte des valeurs de notre civilisation ou qu’elle les a perdues et que le tout permis remplace l’interdit - est difficile sinon impossible.
L’immigration choisie est une fausse solution. En prenant les élites (médecin, informaticien, etc..) d’un Sud qui en manque déjà cruellement, nous aggravons sa pauvreté. L’immigration illégale sera accentuée pour fuir la misère et les guerres ! Chaque expulsion continuera à coûter plusieurs milliers d’Euros par personne ; pour un expulsé, nous risquons que dix rentrent chez nous !
La coopération décentralisée : une réponse à l’immigration de pauvreté
La seule issue, à l’immigration forte du Sud vers le Nord, pour nous européens, c’est le développement de l’Afrique, c’est également de former nos jeunes désœuvrés des banlieues (oui, la formation à un métier dès 14 ans est une très bonne idée !) pour qu’avec leur métier, ils puissent, s’ils le désirent, devenir des acteurs du développement du Sud, retrouver ainsi leurs racines si notre société de consommation semble leur manquer d’idéal ou d’aventure et, s’ils ont la “rage“, donnons leur l’occasion d’aller voir ailleurs !
L’immigration coûterait à la France près de 100 000 Euros par an et par personne d’après les travaux des économistes Yves Marie Laulan et Jacques Bichot. Que ne pourrait-on faire avec ce même argent par la coopération décentralisée dans leur pays d’origine !
La décentralisation au Sud, que nous avons promue dans le cadre du PDM, Programme de Développement Municipal - avec le gouvernement français et la Banque Mondiale - peut apporter, avec le soutien de nos collectivités locales, cette transmission des savoir-faire de manière coordonnée et conduire au développement local. C’est ce que j’ai entrepris en créant l’IRCOD par l’échange d’expériences entre nos chambres de métier, d’agriculture, de commerce, nos IUT, nos mutuelles et banques, nos hôpitaux : former aux métiers et développer à la base. L’aide internationale deviendra alors un multiplicateur puissant de ce dynamisme humain car le financement des infrastructures– énergie, route – permet de multiplier les échanges mais pour cela il faut d’abord créer de la richesse. Sinon ces aides au développement, sans formation et métier à la base, ne génèrent que des dettes à rembourser et un modèle économique non assimilé ; en fin de compte des rancœurs chez nous et là-bas.
Le développement au Nord et au Sud
Le développement est issu du dynamisme social, c'est-à-dire in fine des hommes qui entreprennent. Les institutions ne peuvent que venir appuyer ce dynamisme. Le développement ne se crée donc pas à coup de directives, de règlements, de nouvelles institutions ou même de subventions qui ne peuvent que venir appuyer un dynamisme existant, peut être le favoriser mais sans doute pas le créer.
Nos sociétés développées forment un ensemble organisé où chacun apporte naturellement ses compétences dans des échanges de savoir-faire. Dès lors le développement, au Nord comme au Sud, est moins affaire d’argent que d’éducation, de formation et de liberté dans l’organisation pour que les différents talents puissent naturellement s’épanouir dans des échanges.
Plus on donne de l’argent, plus on crée souvent par l’assistance de la dépendance si on n’apporte pas les savoir-faire qui permettent de générer les richesses partagées. Il vaut mieux apprendre à pêcher que de donner du poisson !
Ne marchons pas sur la tête et rappelons qu’on ne peut recevoir sans également donner. C’est vrai pour l’Afrique – par exemple – mais c’est aussi vrai pour l’immigré qui vivant chez nous doit accepter et aimer notre pays, après avoir reçu doit donner, c’est ça l’intégration.
envie que ça change !
Initiateur de la Coopération Décentralisée en France et au Conseil Régional d’Alsace, ayant fondé, dans ce cadre, l’IRCOD - l’Institut Régional de Coopération Développement de l’Alsace - dont tout le monde reconnaît aujourd’hui le succès; j’aimerais partager avec vous un certain nombre de réflexions sur le développement au Nord et au Sud, les réponses que nous pouvons y apporter et les événements dans nos banlieues.
Inscription à :
Articles (Atom)
