lundi 8 janvier 2007

L’Académie Européenne a promu dès 2002 le projet de Livret d’Epargne européen

Cette proposition est née dans un contexte qui nous semblait favorable de dynamique économique ciblée vers les projets stratégiques européens. Malgré nos interventions aux plans national et européen, malgré notre participation au Sommet de Lisbonne, nous ne sommes pas parvenus à concrétiser ce projet.

Plus que jamais, il reste d’actualité. L’environnement économique (une croissance en berne dans les grands pays européens comme la France, l’Allemagne et l’Italie), un manque de visibilité politique (on ne sait plus très bien si l’Europe est une communauté solidaire face au reste du monde ou un grand marché déstructurant les mécanismes de solidarité qui l’ont fondée) oblige à mettre en avant, à nouveau, cette initiative pour des raisons tant économiques que politiques.

Des raisons économiques : Le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé. Cette épargne demande à être canalisée, dans un contexte économique inquiétant, vers des projets stratégiques bi ou multi latéraux qui offrent un minimum de garantie qu’elle ne peut trouver dans la bourse ou dans la bulle immobilière. Sans un instrument de canalisation de l’épargne dans le développement économique à moyen et long terme, nos économies européennes vont perdurer dans la stagnation et la déflation, les épargnes vont se stériliser sans développement économique

Des raisons politiques : C’est un lieu commun de dire qu’aujourd’hui, l’Europe est en crise. La mise en place d’un instrument financier permettant aux Etats qui le souhaitent, parallèlement aux institutions européennes ou avec leur soutien, de mobiliser des moyens pour mettre en œuvre des politiques d’indépendance et de sécurité européennes, est une condition sine qua non de la survie de l’idée même d’Europe.

L’Europe doit montrer qu’en matière de sécurité énergétique, d’indépendance technologique, de sécurité et de souveraineté, elle apporte un plus par rapport à la dimension nationale pour faire face aux enjeux mondiaux..

Les Institutions européennes, telles qu’elles sont organisées actuellement sont malheureusement incapables de répondre aux défis actuels et risquent ainsi de décrédibiliser l’Europe par le rejet de ses pratiques économiques (ouverture mondiale primant sur le marché européen) sans impact, si ce n’est négatif, sur la vie quotidienne.

Des moyens financiers - on peut espérer 1% du PIB des pays partenaires à cette initiative - canalisés par un Livret d’Epargne européen, vers les projets (environnementaux, d’indépendance et de sécurité énergétique, de technologies) sont susceptibles de créer la croissance et l’emploi dont l’Europe a besoin, mais également d’affirmer une défense européenne dans un monde qui demande que l’Europe pèse sur les déséquilibres de puissance. Il s’agit de sauver l’idée européenne.

Dans une période de crise, il faut aller à l’essentiel. L’essentiel aujourd’hui est de se doter des moyens financiers qui permettent aux Etats qui le souhaitent de construire, sur la base d’une coopération mutuelle, l’Europe stratégique de l’indépendance technologique et politique.

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