lundi 22 janvier 2007

L’actuelle impasse de l’Empire européen

Aujourd’hui, l’Empire européen n’existe plus. La tournure prise par les institutions européennes dans le projet de constitution européenne allait même à l’encontre d’un tel projet. Pour construire un empire, il faut, en effet, une identité culturelle et spirituelle, des frontières qui, certes, peuvent être souples, mais qui distinguent quand même l’Europe du reste du monde et il faut, qu’à l’intérieur des frontières communes, la solidarité l’emporte sur le grand marché mondial.
La culture chrétienne est aujourd’hui reniée. Elle est pourtant le fondement de l’Europe, de son humanisme transcendant, de la laïcité et même du refus révolutionnaire de la servitude qu’incarnent bien les encyclopédistes et l’ère des Lumières. Les frontières de l’Europe, si on croit la Commission européenne, iraient avec la Turquie jusqu’en Irak. Le grand marché mondial est le nouveau crédo de cette même Commission qui oublie que, dès lors, s’il n’y a pas de préférence européenne, si l’Europe ne se conçoit pas pour peser face à la mondialisation et préserver son modèle social et son humanisme, elle n’a aucune raison d’être. L’idéologie des soi-disant européens, des fonctionnaires payés par l’Europe, est une machine de guerre contre l’Europe.
Construire l’Europe moderne, l’empire européen, nous demande de passer par la philosophie et les idées pour reprendre contact avec notre culture de la vérité, de la liberté et de la solidarité, de comprendre aussi la laïcité, la raison qui éclaire la religion et de retrouver les fondements d’une véritable politique qui passe aujourd’hui par le renouveau. C’est également réfléchir, dans ce sens, aux conditions idéologiques d’un renouveau politique, exprimer l’attente et donner une expression au besoin de renouveau politique qui s’exprime aujourd’hui dans toute l’Europe.

Aujourd’hui, il s’agit de préparer une véritable recomposition idéologique autour des problèmes de la France. Les problèmes, qui demandent l’union des français, perdurent depuis plus de vingt ans. Ils ne sont pas traités, même si on en parle plus qu’hier : Croissance-Emploi-Démographie-Construction européenne-Solidarité-Energie-Retraite-développement durable. Une recomposition politique idéologique reste à faire comme préalable à de nouvelles majorités engageant la France et l’Europe dans l’audace de véritables réformes.
Il s’agit toujours d’être un vrai révolutionnaire en voulant les changements que le système des profiteurs n’est pas prêt à accepter, il s’agit toujours de faire ces changements dans la justice et la solidarité et donc d’être un vrai socialiste, il s’agit toujours de libérer la responsabilité et l’initiative et donc d’être un vrai libéral et enfin, il s’agit toujours d’être un vrai conservateur et d’aimer notre tradition de vérité, de liberté et de solidarité.

La France, mais aussi l’Europe sont prêtes à ces audaces, mais le système politicien, le plus souvent, n’évoque les problèmes que pour mieux les évacuer et ne pas les traiter. Sa devise reste : ce qu’il faut changer pour ne rien changer. Le verbe et le look doivent donner une fois de plus l’illusion du changement. Hier en France, c’était la fracture sociale, vrai slogan, mais seulement pour faire élire Chirac ; aujourd’hui, c’est la rupture pour pouvoir continuer de faire semblant d’agir. On veut entretenir le moribond : le système politique qui entretient la politique spectacle dont les peuples européens ne veulent plus et où, le plus souvent, les héritiers prétendent rompre avec l’héritage pour lequel il se sont pourtant battus ! Les slogans et les mots remplacent une parole que l’on veut d’autant plus vraie que le positionnement, le lieu dont on parle, est faux.

Notre personnel politique n’est pas au renouveau car il a choisi le plus souvent la chose publique pour faire carrière.et pour faire carrière, dans les schémas actuels, il faut choisir son camp ! L’homme politique se trouve ainsi d’un camp et amputé de la vérité de l’autre camp. S’il devait lui arriver de reconnaître les vérités de ses adversaires et composer avec eux, par souci de vérité, on le prierait de quitter son camp ; sa carrière politique serait donc finie dans le faux système partisan qui structure notre démocratie.

De Gaulle avait constaté les limites du système partisan ; il voulut alors les contourner par les institutions de la Vème République, plus particulièrement par l’élection au suffrage universel du Président de la République et par son rôle. Les Présidentielles devaient et peuvent encore permettre à l’homme politique de parler à la France et aux Français en les rassemblant autour d’un projet qui dépasse les clivages politiques traditionnels. Mais les institutions ont été dévoyées par la cohabitation, le quinquennat et par le choix du candidat à la présidence par les Partis. Le temps viendra où les circonstances intérieures et extérieurs obligeront à nouveau de découvrir les institutions de la France faites pour la sauver de la médiocrité. Ce temps est proche, mais nous ne sommes pas encore suffisamment au temps des crises graves ! Aujourd’hui les partis sont là pour empêcher les hommes qui apportent du renouveau et disent la vérité, de parler et d’accéder aux fonctions politiques. Leur fonction partisane n’est pas de faciliter la démocratie, mais en grande partie de l’empêcher par leur monopole idéologique et humain dans la présentation des candidats.

Ce moment de véritable rupture approche. Le facteur humain et personnel, la rencontre d’un homme issu de son peuple pour parler à son peuple reprendra son importance, car le système est à bout de souffle. Nous sommes en période de crise, à la croisée des chemins, après avoir tout essayé. Bientôt des hommes qui ne sont pas d’une idéologie, mais de leur pays, la France, de leur continent, l’Europe, et de leur planète pourront à nouveau parler pour leur pays et de leur pays s’ouvrir à une Europe repensée dans un projet de civilisation afin d’étendre l’âme de la France à l’Europe, et l’âme de l’Europe au reste du monde.

Les partis politiques désavoués n’ont pas encore compris qu’ils ne pouvaient se rattraper dans le cadre traditionnel de leurs petites affaires. L’électorat ne les suit plus. Les partisans de ces idéologies peuvent s’en offusquer, penser que le peuple a tort, mais peut-on changer de peuple sans préparer un coup d’Etat et vouloir la dictature ? Le Souverain n’est pas le larbin qu’on appelle à s’exprimer pour obéir ; il le rappelle quelques fois ! Il suivra le renouveau quand le renouveau viendra à lui.

Ne l’oublions pas ! Si nous ne construisons pas l’Empire européen, d’autres empires nous annexeront et nous disparaîtrons. L’Europe a besoin d’être « puissance », car sinon elle serait impuissante ; l’Europe a besoin d’être indépendante, car sinon elle serait dépendante ; l’Europe a besoin d’une politique, car sinon la politique des autres sera notre politique !

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